Un cri de ralliement : « Femme, Terre, Paix et Sécurité »
À l’heure où le monde célèbre les droits des femmes, l’organisation Karibu Jeunesse Nouvelle (KJN) passe à l’offensive. Avec le soutien de la Fondation Américaine pour la Démocratie (NED), l’ONG lance un projet ambitieux pour garantir aux femmes et aux jeunes filles du Sud-Kivu un accès réel à la terre et à l’héritage, au cœur d’une région marquée par les conflits.
Le décor est planté. Pour KJN, la célébration du mois de la femme ne se limite pas aux défilés, mais s’ancre dans la lutte contre les discriminations structurelles. Le nouveau programme, intitulé « Femme, Terre, Paix et Sécurité », vise à mobiliser les communautés sur une problématique souvent taboue : le droit spolié de la femme face au patrimoine familial.
Pendant 24 mois, ce projet s’attaquera aux racines de la précarité féminine en zone de conflit. L’objectif est limpide : alerter sur les violences basées sur le genre (VBG) liées au foncier et mettre en place des mécanismes concrets pour les réduire.
Un arsenal d’actions sur le terrain
Sous la direction de Madame Jolly Kamuntu, présidente de KJN, le projet déploie une stratégie multi-niveau pour transformer durablement les mentalités sur base d’un état des lieux. Une étude scientifique sera menée pour analyser les violations des droits fonciers et successoraux enregistrées entre 2020 et 2025.
Des ateliers de renforcement de capacités cibleront les autorités coutumières, gardiennes des traditions, ainsi que les jeunes et les femmes, pour une meilleure maîtrise du code foncier.
Une mini-clinique juridique verra le jour pour offrir une assistance technique aux victimes, complétée par un système d’alerte précoce pour prévenir les spoliations.

Jolly Kamuntu indique que des causeries éducatives seront organisées pour déconstruire les préjugés au sein des foyers.
Une couverture géographique stratégique
L’intervention ne se limite pas aux centres urbains. KJN déploiera ses experts dans les zones où les tensions foncières sont les plus vives. La ville de Bukavu, le territoire de Walungu, le territoire de Kabare ainsi que l’île d’Idjwi.
« Sans droit à la terre, la femme reste vulnérable. Lui donner accès à l’héritage, c’est semer les graines d’une paix durable au Sud-Kivu. »
En couplant l’expertise juridique à la mobilisation sociale, Karibu Jeunesse Nouvelle ne se contente pas de défendre des droits ; elle restaure la dignité de milliers de citoyennes.
- Ben Mugisho