Alors que la campagne Mois Vert bat son plein, l’heure est à la convergence des forces. À l’issue d’une rencontre stratégique à l’Hôtel Rivière Ruzizi situé à Nguba, réunissant 37 structures d’assainissement, un vibrant appel a été lancé pour transformer la gestion des déchets à Bukavu.
Sous l’impulsion de l’ingénieur environnemental Dibene Mungwakonkwa, cette dynamique appelle désormais à une alliance inédite entre médias, artistes, scientifiques et organisations de la société civile (OSC).
La ville de Bukavu fait face à des obstacles structurels qui freinent son essor écologique. Il s’agit entre autres de l’absence de décharges publiques officielles et de sites de traitement contrôlés, du manque de données scientifiques locales pour orienter les politiques publiques, de la faible implication technique et financière de l’État, laissant les OSC porter seules le fardeau de la collecte.
Pour l’ingénieur Mungwakonkwa, la solution ne peut être que collective et structurée autour de quatre piliers majeurs. Les scientifiques et universitaires sont appelés à produire des études approfondies sur la typologie et le cycle des déchets à Bukavu. Sans données, la gestion reste une navigation à vue. La sensibilisation « porte-à-porte » doit être amplifiée par une présence médiatique forte. Les Médias sont invités à documenter les bonnes pratiques et à dénoncer les sites de décharges sauvages. Les Artistes sont encouragés à utiliser leur art pour promouvoir le jardinage urbain et la valorisation des déchets organiques comme leviers de beauté et de résilience.
Le plaidoyer porte sur la création de 3 à 4 sites de décharges contrôlés et la redynamisation de la brigade d’assainissement. Une attention particulière est portée sur l’encadrement des chefs d’avenue, véritables pivots de la mobilisation communautaire, qui nécessitent une motivation financière pour assurer leur rôle.
L’assainissement a un coût. On note la généralisation des sacs poubelles domestiques, l’installation de poubelles publiques pour les « déchets orphelins », l’acquisition de poubelles roulantes (estimées à 120 $ l’unité) et le budget de sensibilisation et d’aménagement évalué à 1 000 $ par avenue.
La campagne Mois Vert n’est pas qu’une célébration temporaire, c’est le point de départ d’une professionnalisation de l’assainissement. À travers des partenariats entre la Mairie, les églises, les écoles et les OSC, Bukavu peut devenir un modèle de ville durable.
- Christian Buhendwa