La situation humanitaire à Bunyakiri atteint un seuil critique. Fuyant les affrontements armés qui ravagent les territoires voisins de Masisi, Walikale et le reste du Kalehe, des milliers de civils s’entassent dans des conditions précaires, portés à bout de bras par une solidarité locale qui s’essouffle.
Depuis le début de l’année 2026, Bunyakiri est devenue le refuge d’une marée humaine. Selon les estimations d’OCHA et d’autres organisations humanitaires, environ 7 600 ménages déplacés, soit près de 45 000 personnes, ont été enregistrés.
Ces déplacés internes sont dispersés dans plusieurs localités et villages, notamment à Mafuo, Buoro, Musenyi, Mumbiri, Ciriba, Bubamba, Kachiri et Kaberi. Si une partie d’entre eux a trouvé refuge au sein de familles d’accueil — elles-mêmes déjà vulnérables — d’autres s’entassent dans des sites spontanés ou des abris de fortune.
Les conditions de vie sur place sont alarmantes. L’absence d’abris adéquats expose les familles aux intempéries, tandis que la pénurie alimentaire et le manque d’accès à l’eau potable font craindre une catastrophe sanitaire. Les acteurs humanitaires, dont MSF et le CICR, tirent la sonnette d’alarme face aux risques accrus de maladies épidémiques et de malnutrition, touchant particulièrement les jeunes enfants.
Une réponse humanitaire encore trop timide
Malgré l’ampleur des besoins, la présence humanitaire reste limitée. À ce jour, seules deux organisations majeures interviennent de manière intensive.

Au-delà de la survie immédiate, c’est l’avenir de toute une génération qui est en péril. L’accès à l’école est devenu un luxe inaccessible pour les enfants déplacés. Plusieurs obstacles se dressent sur leur route. L’impossibilité pour les parents de couvrir les frais scolaires et les fournitures, l’instabilité, des déplacements incessants dictés par l’insécurité, une absence criante de salles de classe dans certaines localités d’accueil ainsi que des nombreux enfants sont contraints d’aider leurs parents dans la recherche de nourriture ou de petits travaux journaliers pour survivre.
La communauté de Bunyakiri et les déplacés lancent un appel pressant au gouvernement national et à la communauté internationale pour une intervention d’envergure avant que l’irréparable ne se produise.
- Depuis Bunyakiri, Pacifique W.