Dans le territoire de Punia, la résilience communautaire prend le dessus sur l’enclavement. Depuis deux mois, les habitants de Kasese et les écogardes du Parc National de la Kahuzi-Biega (PNKB) unissent leurs forces pour réhabiliter une infrastructure vitale : la piste d’aviation de Penenjoka.
Un chantier collectif aux moyens locaux
C’est un véritable fourmillement humain que l’on observe au secteur de Babira-Bakwame. Munis de machettes, de pelles et d’un compacteur manuel, les membres de la communauté travaillent main dans la main avec les autorités locales, les agents de la SAKIMA et les écogardes. L’objectif est clair : débroussailler et stabiliser les 1,8 km de piste pour permettre la reprise sécurisée des vols.
L’enjeu est avant tout vital. Depuis la fermeture de l’aérodrome en février 2025, la région de Kasese s’est retrouvée asphyxiée. Face à des routes impraticables et une insécurité persistante, les prix des produits de première nécessité ont explosé. Actuellement, la population dépend de Kisangani, située à 500 km, rendant l’approvisionnement extrêmement complexe et coûteux.
La réouverture de cette porte d’entrée aérienne est donc la clé pour rétablir les liaisons commerciales avec Bukavu et Goma.
Conservation et Développement : Un combat commun
Pour le PNKB, cette implication va au-delà des travaux publics. En soutenant activement ce chantier, le Parc renforce ses liens avec les populations locales. La réhabilitation de l’aérodrome est perçue comme un levier double. Il s’agit de redonner du souffle aux marchés locaux et faciliter les opérations de conservation de la biodiversité dans ce secteur reculé.
« Ce projet représente un espoir concret de désenclavement », confient les acteurs de terrain. Par cet effort collectif, Kasese prouve que malgré les défis sécuritaires, la collaboration entre communautés et protecteurs de la nature reste le moteur du changement.
- Angel Nsim