À Bukavu, l’heure n’est plus seulement au reportage, mais à l’engagement. Face à l’exclusion persistante des femmes dans les cercles de décision, les professionnels des médias, réunis sous la bannière de l’Association des Femmes des Médias (AFEM), ont décidé de transformer leurs micros en outils de plaidoyer stratégique.
Ce mercredi 18 mars, à l’Hôtel Élisabeth, la clôture de trois jours de travaux intenses a marqué un tournant. Les journalistes présents se sont engagés à ne plus laisser les processus de paix se dérouler dans le silence des femmes. Pour l’AFEM, le rôle de la presse est désormais clair : documenter, dénoncer et exiger une représentativité réelle.
« Les femmes sont les piliers de la reconstruction, mais leurs voix s’éteignent souvent aux portes des salles de négociation », a martelé Jolly Kamuntu, présidente d Karibu Jeunesse Nouvelle, KJN ajoutant que le travail des journalistes est d’ouvrir ces portes par l’information et le plaidoyer.
Une offensive médiatique contre l’oubli
Le constat dressé par les professionnels des médias est sans appel : de Doha à Washington, les accords se succèdent sans que le visage des femmes et des jeunes filles n’y apparaisse.
La stratégie des journalistes mobilisés est de rompre l’isolement en portant haut les revendications des femmes du Nord et du Sud-Kivu pour qu’elles atteignent les décideurs nationaux et internationaux.
Un accent particulier est mis sur la visibilité médiatique des femmes vivant avec handicap, trop souvent oubliées des agendas politiques.
Par rapport à l’éducation aux droits, il est important d’utiliser les ondes pour rappeler que la participation féminine n’est pas une faveur, mais une exigence légale et démocratique.
Un front commun pour le changement
Des journalistes ont réaffirmé leur détermination à briser le plafond de verre. Cette mobilisation exceptionnelle bénéficie de l’appui technique de Kvinna till Kvinna et du financement de la Sida (Coopération Suédoise), prouvant que la lutte pour une paix inclusive est un enjeu global.
- Angel Nsim