Dans un Est congolais meurtri par les cycles de violence, la Confédération helvétique refuse de détourner le regard. Pour son nouveau cycle stratégique, Berne débloque 100 millions de dollars. Ceci est un message clair envoyé aux populations vulnérables : vous ne serez pas oubliés.
Derrière les chiffres, il y a des visages. Thomas Jenatsch, Chef de la coopération suisse en RDC, ne parle pas seulement de budget, mais de « proximité ». Sur les quatre prochaines années, la DDC (Direction du développement et de la coopération) s’appuiera sur quatre piliers : solidarité, proximité, durabilité et innovation. L’enveloppe de 100 millions de dollars n’est pas qu’une simple ligne comptable ; elle est le moteur d’un changement de paradigme. Le budget humanitaire a été revu à la hausse pour permettre des actions directes, plus rapides et plus proches des réalités du terrain.
Le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri restent le théâtre principal de l’action suisse. Mais cette année, un accent tout particulier est mis sur une communauté trop souvent ignorée. « Il est essentiel de rester au plus près des communautés », insiste Thomas Jenatsch.
Malgré l’ombre menaçante des groupes armés qui rôdent à la lisière du parc, la Suisse choisit de ne pas abandonner le terrain. Si la prudence reste de mise, la confiance de Monsieur Jenatsch est inébranlable : les programmes de relance économique à Bunyakiri pour les autochtones seront maintenus et réadaptés pour s’assurer que personne ne reste sur le bord du chemin.
La Suisse et la RDC, c’est une histoire de deux décennies. En renouvelant son agenda de solidarité, Berne confirme sa vocation de partenaire historique. Entre l’urgence du présent et les défis du futur, la Confédération helvétique prouve qu’elle reste une alliée fidèle du peuple congolais, ancrée dans une tradition d’humanité qui ne faiblit pas.
- Angel Nsim