La récente décision du gouvernement congolais de sponsoriser des clubs de football européens suscite une vive polémique et soulève des questions fondamentales sur les priorités nationales.
Le Professeur Adolphe Kilomba, sur sa page Facebook, a exprimé une indignation palpable, qualifiant cette initiative de « stupide » et « irresponsable ». Son cri d’alarme résonne avec les préoccupations d’une population confrontée à des défis socio-économiques majeurs.
L’argument principal des détracteurs est accablant : comment justifier des millions de dollars dépensés pour des entités déjà fortunées en Europe, alors que la République Démocratique du Congo fait face à des carences criantes en interne ? Le Professeur Kilomba met en lumière des statistiques alarmantes : seulement 21% de la population a accès à l’électricité, et environ 50% à l’eau potable. L’accès à l’éducation et aux soins de santé reste précaire, et le pays souffre d’un manque criant d’infrastructures routières reliant ses provinces à la capitale Kinshasa.
La colère est d’autant plus grande que le sport congolais lui-même est en piteux état. Le Stade des Martyrs, pourtant un symbole national, est « inutilisable » faute de maintenance. La LINAFOOT (Ligue Nationale de Football) est en « sérieuse déconfiture », et les infrastructures sportives à travers le pays sont délaissées. Dans ce contexte, allouer des fonds à des clubs étrangers est perçu comme une véritable provocation.
Le Professeur Kilomba en appelle à la fin de ces « débilités » et exhorte à des changements au sein du gouvernement, estimant que « trop c’est trop ». Cette controverse met en lumière le dilemme entre l’image internationale et les besoins pressants de développement interne, et interpelle sur l’urgence de réévaluer les investissements publics au regard des réalités congolaises.
- A-K