« Si l'abeille disparaissait de la surface de la terre, l'homme n'aurait plus que quatre ans à vivre ».
Il y a près d’un siècle, en 1939, lors du tout premier Congrès international du tourisme africain tenu à Bukavu, le visionnaire A. J. MOELLER DE LADDERSOUS formulait une prédiction audacieuse : « De même qu’à partir du jour où les Alpes furent découvertes par les touristes britanniques, elles sont devenues le terrain de récréation de l’Europe, de même le Kivu deviendra un jour le terrain de récréation de l’Afrique »
Aujourd’hui, plus d’un demi-siècle après cette assertion, nous sommes forcés de donner entièrement raison à cet éminent auteur. Le Kivu, terre agricole et touristique par excellence de la région orientale du Zaïre (aujourd’hui RDC), s’est imposé comme le carrefour mondial du tourisme aux Gorilles. Ce rayonnement s’est intensifié, notamment après que le succès planétaire du film Gorilles dans la brume, dédié à Diane Fossey, a captivé l’imagination du monde.
Au cœur de cette région s’étend le Parc National de Kahuzi-Biega (PNKB), un véritable sanctuaire de la biodiversité que nous avons le privilège de présenter. Le Parc abrite une sous-espèce unique de primates que le visiteur ne peut observer à l’état sauvage qu’en RDC : le Gorilla gorilla graueri (ou gorille des plaines de l’Est).
Ces forêts de montagne, façonnées par les deux volcans éteints qui ont donné leur nom au Parc – le Kahuzi et le Biega – sont le symbole d’une conservation vitale. Elles protègent l’Éléphant de forêt et des milliers d’autres primates curieux. C’est cet ensemble de beautés naturelles extraordinaires qui a valu au merveilleux Parc National son classement au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, le désignant idéalement pour la pratique de l’Écotourisme.
Nous nous souvenons qu’à l’époque glorieuse des années 70, le regretté Conservateur Adrien DESCHRYVER, lança les premiers pas de ce tourisme. Pendant la décennie, quatre majestueux mâles à dos argenté – Maheshe, Nindja, Mubalala, et Mushamuka – ont pris la relève du célèbre « Casimir », qui fut jadis la figure emblématique du Kahuzi-Biega.
Cependant, le Kahuzi-Biega est plus qu’un simple attrait touristique ; c’est une expérience unique de conservation intégrée au développement. Il a été conçu comme un projet-pilote où l’Institut Zaïrois pour la Conservation de la Nature (I.Z.C.N.) œuvre, avec l’appui précieux de la Coopération Technique Allemande (que nous remercions sincèrement), à faire participer activement les populations locales à la mission de conservation.
Notre démarche est d’appliquer, autant que possible, les principes fondamentaux du développement durable tels qu’ils furent édictés lors du « Sommet de la Planète Terre » à Rio de Janeiro, en juin 1992.
C’est pourquoi, lorsque vous acquittez votre permis de visite, vous ne payez pas seulement un droit d’entrée. Vous portez sur vous le témoignage concret de votre engagement : celui d’avoir contribué, ne serait-ce que modestement, à la noble et cruciale mission de la conservation de la nature, pour le plus grand bien des générations actuelles et futures. A quand la reprise des visites dans le PNKB ?
- Angel Nsim