À Kavumu, une nouvelle page de la conservation communautaire s’écrit. Trente représentants des peuples autochtones Batwa et des communautés Bantoues ont officiellement lancé un mouvement de transformation agricole : la promotion de la filière fruitière comme rempart pour la biodiversité.
« Planter un arbre fruitier aujourd’hui, c’est nourrir sa famille demain et protéger le PNKB. » Plus qu’un slogan, cette phrase résume l’engagement pris à l’issue d’un atelier intensif organisé les 3 et 4 mars 2026. À l’initiative de l’organisation Primate Expertise, ces leaders communautaires ont décidé de lier leur destin économique à la survie du Parc National de Kahuzi-Biega.
Transformer l’agriculture par le savoir
Réunis à l’Auberge la Soif, les participants ont bénéficié d’une immersion technique cruciale. L’objectif est de passer d’une cueillette de subsistance à une véritable gestion de filière. Trois piliers ont structuré les échanges. Il s’agir de l’excellence agronomique en maîtrisant les cycles de croissance pour des arbres vigoureux, diagnostiquer et traiter les maladies pour sécuriser les récoltes et optimiser la conservation après la récolte pour minimiser le gaspillage et augmenter la valeur marchande.
Le projet porte une vision audacieuse : faire de l’arbre fruitier une alternative à l’exploitation des ressources forestières. En offrant aux ménages riverains des moyens de subsistance stables et durables, Primate Expertise réduit mécaniquement la pression anthropique sur l’habitat des gorilles de plaine.
« Nous créons une zone tampon de prospérité », expliquent les experts du projet. « Si un ménage trouve sa nourriture et ses revenus dans son propre verger, la forêt reste intacte. »
Au-delà des chiffres, c’est la dimension humaine qui marque les esprits. Cet atelier a servi de plateforme d’apprentissage social, où Batwa et Bantous ont partagé leurs expériences de terrain. Cette solidarité intercommunautaire, centrée sur le partage de savoir-faire, transforme l’agriculture locale en un moteur de résilience et de paix.
En conciliant dignité humaine et intégrité écologique, les communautés de Kabare prouvent que le développement de la République Démocratique du Congo peut — et doit — être vert.
- Angel Nsim