La capitale du Sud-Kivu lance une offensive écologique sans précédent. Face à l’étouffement plastique du Lac Kivu et à l’érosion galopante de ses collines, la Coopération Suisse et ses partenaires locaux ont décrété mars comme le mois de la reconquête environnementale.
Le constat de Thomas Jenatsch, Directeur de la Coopération Suisse, est sans appel : les pluies de septembre dernier ont servi de miroir à notre propre négligence. Des plages de Bukavu ensevelies sous le plastique, une rivière Ruzizi incapable de faire tourner ses turbines à cause des déchets, et une santé publique menacée par une eau devenue insalubre.
« Nos rues sont devenues des décharges et nos collines se vident de leur terre », a-t-il déploré ce jeudi 5 mars.
C’est dans ce vide stratégique qu’est né le « Mois Vert » : un cocktail de sensibilisation et d’actions concrètes pour stopper l’hémorragie écologique.
Les journalistes en première ligne
Pour que le message pénètre chaque foyer, la campagne a débuté le 1er mars à la Radio Maendeleo. Marie-Louise Issanda y a coordonné une formation intensive pour les professionnels des médias. L’objectif ? Transformer les journalistes en véritables sentinelles de l’environnement, capables de vulgariser les enjeux de la transition écologique.
Un marathon citoyen : Le calendrier de mars
La mobilisation ne fait que commencer et s’articule autour de rendez-vous clés. Ce vendredi 6 mars, l’ISP/Bukavu sera le théâtre d’une mobilisation citoyenne massive à l’appel de Constante, l’une des figures de proue de la campagne. Le 11 mars, l’UEA et le site de Nyakavogo passeront en mode reboisement pour stabiliser les sols menacés par les glissements de terrain.
Les campus de l’UOB et du Lycée Wima prendront le relais au milieu du mois pour sensibiliser les futurs cadres de la province.
L’écologie par l’art et l’innovation
Le Mois Vert refuse d’être rébarbatif. Il mise sur l’intelligence collective et la culture. Entre des soirées au Comédie Club et des foires thématiques, l’art devient un vecteur de conscience. Le clou de l’événement ? Un concours de solutions innovantes au Chapiteau, où les talents locaux présenteront des projets de gestion des déchets. Le verdict tombera le 27 mars au Collège Alfajiri, lors d’une clôture placée sous le signe du développement durable et de la paix.
Un front commun pour le changement
De la société civile avec Adolphe Mugula et Franck Mweze, au bloc média représenté par Sylvie Nabintu, l’heure est à l’unité. En dévoilant le logo de cette édition, Thomas Jenatsch a rappelé que l’aide internationale ne peut rien sans un sursaut patriotique vert.
« Le succès de ce mois dépend d’un seul facteur : le changement radical d’attitude de chaque Bukavien.
- Christian Buhendwa