Le cadre solennel de la grande salle de la paroisse Saint-François Xavier de Kadutu a servi de décor, ce vendredi, à une conférence-débat déterminante. Sous l’impulsion de l’organisation OPDH RDC, des élèves de Bukavu se sont réunis pour réfléchir à l’urgence climatique locale sous un thème évocateur : « Gestion des déchets solides et restauration des sites publics : Actions et initiatives contre les glissements de terrain ».
L’événement a rassemblé une jeunesse dynamique issue de l’Institut Kasali, de l’Institut Bahati et de l’EP Matendo. Loin d’être une simple leçon théorique, cette rencontre visait un objectif concret : transformer ces élèves en véritables ambassadeurs de la protection de l’environnement au sein de leurs quartiers.
Monsieur Adolphe Mugula, chargé de programme à l’OPDH RDC et principal intervenant, a martelé l’importance de ce combat. Pour lui, la gestion des déchets n’est pas qu’une question de propreté, c’est un enjeu de survie face aux catastrophes naturelles, comme les glissements de terrain qui menacent régulièrement la ville de Bukavu.
Comprendre les Risques pour Mieux Agir

Les échanges ont mis en lumière les conséquences dramatiques d’une gestion défaillante des ordures. Il s’agit notamment de la pollution massive des sols et de l’air, l’obstruction des caniveaux, causant des inondations urbaines, les vecteurs de maladies liés à l’insalubrité ainsi que l’érosion et glissements de terrain, accentués par l’accumulation de déchets non traités sur les pentes de la ville.
Les plus jeunes, notamment les écoliers de l’EP Matendo, ont bénéficié d’ateliers pratiques sur le triage, le recyclage et l’adoption de gestes écoresponsables face aux déchets ménagers.
La conférence a vibré au rythme des interventions des élèves. Ces derniers ne se sont pas contentés d’écouter ; ils ont partagé leur réalité quotidienne et proposé des pistes de solutions locales. Parmi les solutions, on note la généralisation des poubelles dans chaque salle de classe et avenue, l’engagement citoyen via une participation active aux travaux de salubrité publique (Salongo) ainsi que l’éducation par les pairs, en sensibilisant les familles et les camarades à ne plus jeter d’ordures dans la rue.

« La protection de l’environnement est une responsabilité collective. Chaque citoyen, peu importe son âge, possède le pouvoir de rendre Bukavu plus saine », a conclu un organisateur.
Cette journée marquante rappelle que le changement viendra de l’éducation. En responsabilisant la jeunesse de Kadutu, l’OPDH RDC pose les jalons d’une ville plus résiliente. Ces élèves ne sont plus seulement des spectateurs des défis environnementaux de Bukavu, ils en sont désormais les principaux acteurs de solution.
- Christian Buhendwa