Le territoire de Kabare, dans la province du Sud-Kivu, est actuellement confronté à une situation sanitaire alarmante marquée par une recrudescence des cas de choléra.
Depuis le début du mois de mars 2025, plusieurs zones de santé de ce territoire enregistrent une augmentation des contaminations, une situation principalement attribuée au manque de respect des règles d’hygiène élémentaires ainsi qu’à l’absence criante d’accès à l’eau potable dans de nombreuses localités, un problème exacerbé en cette période de crise humanitaire.
L’épidémie touche particulièrement les zones les plus isolées, les fin fonds des villages, et les carrés miniers. La zone de santé de Miti-Murhesa est l’une des plus affectées. Selon le médecin chef de zone, le Dr Serge Munyahu, 60 cas de choléra ont été enregistrés dans sa zone de santé entre mars et mai 2025.
Le Dr Munyahu précise que ces 60 cas, pris en charge au centre de traitement de choléra (CTC) situé à Businde, proviennent majoritairement du site minier de Lomera, dans le groupement de Luhihi. Il souligne que cette localité est proche de la zone de santé de Katana, où l’épidémie était déjà déclarée, et surtout, que l’eau du robinet n’y arrive presque jamais. Cette absence d’accès à l’eau sécurisée pousse les populations à utiliser des sources d’eau contaminées, favorisant ainsi la propagation rapide du choléra. Quelques malades venant de différents villages du secteur de Kavumu ont également été reçus au CTC.
Face à cette flambée épidémique et à la vulnérabilité des populations, le personnel soignant, par la voix du Dr Serge Munyahu, lance un appel pressant. Il exhorte les habitants du territoire de Kabare à observer strictement les gestes barrières et les règles d’hygiène pour se protéger et endiguer la maladie. Cela inclut le lavage régulier des mains, la consommation exclusive d’eau préalablement bouillie ou traitée, le lavage minutieux des fruits et légumes, la cuisson complète des aliments, et l’utilisation systématique des latrines.
Cependant, le Dr Munyahu reconnaît que la réponse à cette épidémie ne peut reposer uniquement sur les efforts de la population et des structures locales déjà sous pression. Face à l’ampleur des besoins en termes de prise en charge et de prévention à grande échelle, il estime qu’un geste significatif et rapide des organisations humanitaires s’avère désormais indispensable.
Le médecin chef de zone plaide ainsi pour l’intervention urgente de l’aide humanitaire dans le territoire de Kabare afin d’apporter un soutien crucial en termes de médicaments, d’intrants médicaux, de campagnes de sensibilisation intensives, et surtout, de contribuer à l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement dans les localités les plus touchées et isolées.
L’épidémie de choléra à Kabare est un rappel poignant des défis sanitaires auxquels sont confrontées les populations dans un contexte de crise, où le manque d’infrastructures de base comme l’accès à l’eau potable et les pratiques d’hygiène sont directement impactés, ouvrant la voie à la propagation de maladies mortelles. Une réponse coordonnée impliquant autorités, population et partenaires humanitaires est essentielle pour inverser la tendance.
Cet article sur la situation sanitaire est issu d’un bulletin quotidien d’information humanitaire diffusé par la radio partenaire Gorilla FM, réalisé par le consortium RATECO-REMEL avec l’appui de Benevolencja Grands Lacs.
- E-K