Face à la persistance de l’épidémie de choléra qui continue d’affecter plusieurs régions du Sud-Kivu, la Division Provinciale de la Santé (DPS), avec le soutien crucial de l’UNICEF, renforce son appui aux zones de santé les plus touchées par la maladie.
L’objectif principal de cette intensification de la riposte est de réduire activement les cas de contamination et d’assurer une prise en charge efficace et gratuite des malades.
Cet appui se matérialise concrètement par la distribution de kits et d’intrants essentiels pour la prise en charge des patients. Ces ressources sont déployées notamment dans des zones où le nombre de cas enregistrés est particulièrement préoccupant, comme la Zone de Santé de Katana et, plus spécifiquement, l’Aire de Santé d’Izimero.
Selon le Dr Claude Bahizire, chargé de communication de la DPS au Sud-Kivu, la situation dans l’Aire de Santé d’Izimero est une illustration des défis rencontrés. Les données épidémiologiques de la dernière semaine y indiquent l’enregistrement de 123 cas de choléra. Cette recrudescence est fortement attribuée, selon lui, à l’afflux d’exploitants miniers sur le site de Lomera, dans le groupement de Luhihi. Dans ces zones souvent précaires, le non-respect des normes élémentaires d’hygiène crée un terrain fertile pour la propagation rapide de la maladie.
Le problème ne se limite cependant pas à ces localités. À l’échelle provinciale, l’épidémie continue de faire rage. Au cours de la semaine écoulée, un total de 2205 cas de choléra ont été rapportés dans l’ensemble de la province du Sud-Kivu. Une source au sein de la DPS précise notamment que la Zone de Santé de Minova, un autre foyer important, a comptabilisé à elle seule 707 cas durant cette même période, soulignant la gravité de l’épidémie dans plusieurs parties de la province.
Prévention et sensibilisation au cœur de la stratégie
Outre la prise en charge médicale gratuite des malades dans les Centres de Traitement du Choléra (CTC) ou les Unités de Traitement du Choléra (UTC), la stratégie de riposte mise en œuvre par la DPS et ses partenaires insiste lourdement sur la prévention. Des actions de sensibilisation sont activement menées sur le terrain par les relais communautaires. Ces acteurs de proximité jouent un rôle crucial en diffusant les messages de santé publique directement au sein des communautés.
Le Dr Bahizire a rappelé les conseils essentiels pour prévenir la contamination et briser la chaîne de transmission : Bien bouillir l’eau destinée à la consommation, se laver systématiquement les mains avec de l’eau propre et du savon, en particulier avant de manger et après être allé aux toilettes, consommer des fruits et légumes bien lavés, et bien cuire les autres aliments et utiliser et construire des latrines pour éviter la défécation à l’air libre, source majeure de contamination de l’environnement.
Une prise en charge vitale
L’appui de l’UNICEF en intrants et kits de prise en charge est vital pour permettre aux structures sanitaires locales de faire face à l’afflux de malades. Cependant, le succès dans la lutte contre le choléra au Sud-Kivu dépend autant de la rapidité de la prise en charge que de l’adoption généralisée des bonnes pratiques d’hygiène par les populations, particulièrement dans des contextes vulnérables comme les sites miniers ou les zones de déplacement.
Cet article sur la situation sanitaire est issu d’un bulletin quotidien d’information humanitaire diffusé par la radio partenaire Gorilla FM, réalisé par le consortium RATECO-REMEL avec l’appui de Benevolencja Grands Lacs.
- E-K