La crise humanitaire qui sévit dans le territoire de Kabare a créé une fracture préoccupante au sein du corps enseignant.
Alors que certains professeurs perçoivent leur salaire via les plateformes de mobile money, d’autres, tout aussi dévoués, n’ont pas touché la moindre rémunération depuis le début des hostilités. Une situation qui plonge des familles entières dans une misère croissante.
La paralysie bancaire exacerbe les difficultés
La raison principale de cette disparité est la fermeture des banques et des institutions de microfinance dans la région. Avant la crise, ces établissements facilitaient le versement mensuel des salaires. Aujourd’hui, leur inactivité contraint les enseignants à se tourner vers des solutions alternatives, souvent inaccessibles pour tous.
Ceux dont le paiement est déjà effectué via des plateformes numériques comme Mobile Money (Orange Money, M-Pesa) ou Pépélé Mobile de la TMB continuent de recevoir leur dû, du moins là où le réseau téléphonique est stable. Cette « chance » contraste cruellement avec le quotidien de leurs collègues.
Des enseignants oubliés, piégés par le manque de réseau
Muderhwa Pascal, enseignant à l’ITAV de Miti, témoigne de cette réalité douloureuse. « Je traverse de multiples problèmes, » confie-t-il, illustrant les difficultés de ceux qui ne sont pas inscrits sur ces plateformes, ou qui résident dans des zones sans couverture réseau. « Ceux qui ne sont pas enregistrés sur Pépélé n’ont que leurs yeux pour pleurer. »
La situation est d’autant plus inacceptable que certains enseignants n’ont pas perçu de salaire depuis cinq mois. Contraints de subsister sans revenu, certains sont même obligés de « donner des cautions » pour espérer accéder à des fonds, un stratagème désespéré qui les appauvrit davantage. La misère gagne du terrain, rendant leur vie « invivable » et menaçant l’éducation des enfants dans ces zones.
Ce bulletin humanitaire HZM, diffusé sur la radio Gorilla FM, est une production du Rateco en collaboration avec Remel, avec le soutien de Benevolencja Grands Lacs. Il met en lumière l’urgence d’une solution pour garantir que tous les enseignants de Kabare, sans exception, puissent accéder à leur juste rémunération et continuer à servir la communauté dans des conditions dignes.
- Egide Kitumaini