La vie est un combat quotidien pour les enseignants du territoire de Kalehe, particulièrement ceux qui exercent dans les zones non couvertes par le réseau mobile airtel.
En cette période de conflits armés, l’accès à leur salaire est devenu un véritable calvaire, plongeant ces professionnels de l’éducation dans une précarité alarmante.
Un accès au salaire devenu mission impossible
Le chef d’établissement de la sous-division de Kalehe 2 souligne la double peine de ces enseignants, déjà victimes des violences armées. Après la fermeture des banques locales, la seule option pour percevoir leur dû est de passer par les services mobiles, notamment Airtel, qui est le principal opérateur utilisé pour le paiement des salaires.
Cependant, de nombreuses écoles de Kalehe se trouvent dans des zones blanches, hors de portée du réseau airtel. Pour tenter d’accéder à leur argent, des enseignants sont contraints de se déplacer sur de longues distances, vers des zones couvertes, dans l’espoir d’acheter des cartes SIM et d’attendre des rendez-vous pour retirer leur salaire. Un processus souvent vain pour ceux qui rencontrent des difficultés d’identification, rendant l’opération irréalisable.
Des retraits amputés et la menace de la faim
Lwabauma Bwema, chef d’établissement de l’Institut Myanda, également dans la sous-division de Kalehe 2, dénonce cette situation qui « n’a que trop duré ». Ceux qui parviennent, après mille et un efforts, à accéder à leur salaire se heurtent à une autre difficulté : des demandes de pourcentage illégales lors du retrait. En fin de compte, il ne leur reste « presqu’avec rien », alors même que leurs besoins sont vitaux.
Cette réalité est d’autant plus grave que la faim menace directement ces enseignants et leurs familles dans cette partie de Kalehe. Sans accès régulier et intègre à leur rémunération, leur survie est compromise.
Appel urgent à airtel et menace de grève
Face à cette détresse, les enseignants lancent un appel pressant aux responsables d’Airtel. Ils demandent à l’opérateur de couvrir sans délai les zones non desservies afin de garantir un accès équitable et sécurisé à leur salaire. Si rien n’est fait, ils menacent de revenir à la grève, un geste de désespoir qui aurait des conséquences désastreuses sur l’éducation des enfants dans ces zones déjà fragilisées.
Ce bulletin humanitaire HZM, diffusé sur la radio Gorilla FM, est produit par le Rateco en collaboration avec Remel. Il met en lumière l’urgence d’une solution pour ces enseignants, piliers de la communauté, qui se retrouvent piégés entre les affres des conflits et les lacunes des services de base.
- E-K