Derniers hommages ce mardi à Binamé/Bukavu
Le Sud-Kivu a rendu un dernier hommage à Léandre Rusangwa Bazeku, né le 15 février 1949 et dont la vie a été tragiquement fauchée le 27 avril 2025. Assassiné à son domicile de Binamé Mavuno par des hommes armés, sa mise en terre a eu lieu ce mardi 29 avril 2025 à Burhinyi, son village natal situé dans le territoire de Mwenga. Cet événement, empreint d’une vive émotion, a malheureusement été suivi d’une épreuve violente et traumatisante pour bon nombre des participants sur le chemin du retour.
Léandre Rusangwa Bazeku était une figure respectée, notamment pour son engagement comme choriste au sein du regroupement diocésain des chorales Saint Joseph. C’est d’ailleurs en son honneur qu’une messe de requiem, poignante et recueillie, a été célébrée dans la matinée de mardi au secteur sud de la paroisse de Cimpunda. Devant une assemblée nombreuse composée de membres de sa famille, d’amis et de connaissances, une oraison funèbre a été prononcée, retraçant le parcours de cet homme dont la vie s’est achevée dans des circonstances dramatiques. Les hommages rendus étaient à la hauteur de l’affection et de l’estime que lui portaient ceux qui l’ont connu, saluant la mémoire d’un choriste dévoué.

Après la cérémonie religieuse et l’inhumation dans la terre de ses ancêtres à Burhinyi, le moment de recueillement a cédé la place à la dure réalité de l’insécurité qui continue de gangrener la province. Alors que les participants au deuil reprenaient la route vers Bukavu, ils ont été confrontés à une attaque d’une violence inouïe.
C’est précisément vers Kashanja, sur la Route Nationale numéro 2, qu’une embuscade a été tendue par des hommes armés. Selon des témoins directs, les bandits ont intercepté et dévalisé plus de deux véhicules transportant des personnes revenant de l’enterrement. Sous la menace directe, les occupants ont été contraints de remettre leurs biens. Téléphones portables et de nombreux autres effets personnels de valeur ont ainsi été emportés par les assaillants.
Les bandits n’ont pas hésité à user d’intimidations extrêmes, menaçant même de tirer sur les personnes présentes. Par une chance inouïe et un véritable miracle au vu de la dangerosité de l’agression, aucun participant au deuil n’a perdu la vie durant cette attaque. Un soulagement immense pour les familles et les proches, même si l’effroi et les pertes matérielles assombrissent encore davantage ce jour déjà marqué par la tristesse.

Cet incident tragique, survenant immédiatement après les adieux à une victime de l’insécurité, souligne avec une cruelle ironie la généralisation de la violence dans le Sud-Kivu. Il démontre que même les moments les plus sacrés et personnels, comme accompagner un proche à sa dernière demeure, ne sont pas épargnés par le règne des hommes armés sur les axes routiers. Cet événement est un rappel brutal de l’urgence pour les autorités de restaurer la paix et de sécuriser les populations et leurs déplacements dans l’ensemble de la province
- Ben M.