Le Bassin du Congo est non seulement le poumon de l'Afrique!
Le sort de l’accord de Paris se joue dans la volonté politique, non dans les discours. Tel est le message sans appel lancé par Josué Aruna, ambassadeur pour la justice écologique du bassin du Congo, en marge de la COP30, le samedi 15 novembre 2025.
Dans un entretien accordé à Lifeinfos, Aruna a exprimé une vive inquiétude face au désengagement persistant des plus grands pollueurs de la planète, une menace existentielle pour l’action climatique globale.
L’ombre du retrait américain de l’accord de Paris, orchestré sous la présidence de Donald Trump, plane sur les négociations. Pour Josué Aruna, cette décision est un dangereux précédent qui pourrait engendrer une réaction en chaîne : « L’influence des États-Unis risque d’entraîner d’autres pays donateurs à se détourner de leurs engagements. »
Face à ce manque de leadership, la colère grandit parmi les peuples autochtones et la société civile, lassés « des discours répétés » et exigeant des actions immédiates et mesurables. L’ambassadeur a appelé à un sursaut de souveraineté : « les États doivent dépasser les blocages et agir en tant que nations souveraines ».
Forêts : le temps de la négociation est écoulé
Aruna a rappelé aux délégations que la protection des géants forestiers – Amazonie et Bassin du Congo – n’est pas une option, mais une nécessité pour la stabilité climatique mondiale. Leur rôle de puits de carbone est irremplaçable : « La protection des forêts est un pilier essentiel de la stabilité climatique mondiale. Leur protection ne peut plus être différée ».
L’envoyé du bassin du Congo va au-delà de la simple critique du Nord. Il plaide pour une stratégie financière africaine et continentale plus résiliente.
Selon lui, la dépendance exclusive aux financements extérieurs doit cesser. L’Union africaine, l’Union européenne et les blocs asiatiques doivent établir des mécanismes internes clairs pour mobiliser leurs propres fonds pour la transition écologique.
« Nous devons montrer que nous sommes capables de mobiliser nos propres moyens, afin d’être pris au sérieux par ceux qui polluent le plus, » a-t-il souligné.
En conclusion, Josué Aruna martèle que la lutte contre la crise climatique exige des contributions financières assumées et une volonté politique inébranlable des pays pollueurs, sans quoi l’accord de Paris restera une collection de « promesses non tenues ».
- Eco-Kilo