Le 13 octobre, la Journée Internationale pour la Réduction des Risques de Catastrophes (JIRRC), a servi de catalyseur pour transformer l’approche d’urgence à Uvira.
Confrontée à une combinaison dévastatrice de menaces naturelles et socio-environnementales, la ville a saisi l’occasion de 2025 pour lancer un appel pressant au changement de paradigme : passer de la réaction à la proactivité financière et opérationnelle.
La ville d’Uvira, véritable point névralgique du Sud-Kivu, est aux prises avec des risques endémiques incluant inondations récurrentes, glissements de terrain meurtriers et érosion côtière galopante. Ces phénomènes ont un impact sévère sur les moyens de subsistance, augmentant inexorablement le nombre de personnes déplacées internes et de ménages sinistrés.
Financer les actions préventives et non les catastrophes »
S’alignant sur le thème national de la RDC – « Financer la résilience et non les catastrophes » – les acteurs locaux d’Uvira ont choisi une formulation encore plus directe : « Financer les actions préventives et non les catastrophes ».
Ce thème est une véritable interpellation pour toutes les parties prenantes : autorités, société civile, leaders communautaires, jeunesse, femmes et partenaires internationaux. Il les exhorte à dépasser la réponse humanitaire réactive, souvent coûteuse et temporaire, pour s’engager dans des actions concrètes de prévention des risques et de résilience communautaire sur le long terme.
Sensibilisation massive et plaidoyer stratégique selon Patient Debaba de l’UNPC
Pour marquer la JIRRC, un ambitieux programme d’action a été déployé, visant à informer et former au moins 5 000 ménages sur les mesures essentielles de prévention, d’atténuation et de réponse aux risques de catastrophes, grâce notamment à une caravane motorisée et à la mobilisation des médias locaux.
Patient Debaba Lufira, secrétaire adjoint de l’UNPC Sud-Kivu ajoute qu’il s’agit également de produire un document de plaidoyer stratégique, synthétisant la situation critique des populations sinistrées et proposant des recommandations claires et concrètes aux décideurs.

L’événement a mis en lumière la vulnérabilité des groupes les plus touchés : les personnes vivant avec handicap, ainsi que les sinistrés et les déplacés internes vivant dans des camps, dont dix représentants ont pu témoigner de leurs conditions de vie critiques directement devant les instances décisionnelles.
Un élan vers un avenir plus sûr
Selon M. Mukambilwa Kishota Papy, Chef d’antenne de la Protection civile à Uvira, l’issue de cette journée est porteuse d’espoir. Les résultats attendus sont tangibles : non seulement les 5 000 ménages ciblés auront été sensibilisés aux bonnes pratiques de gestion des risques, mais surtout, quarante organisations nationales s’engagent désormais formellement à renforcer les actions préventives et la résilience communautaire.
Le succès le plus prometteur réside dans l’obtention d’un engagement public et concret des autorités locales en faveur de la Gestion des Risques de Catastrophes (GRC). Ce pas en avant symbolise la détermination d’Uvira à investir dans la sécurité de ses citoyens et à bâtir une ville capable de faire face aux défis climatiques et environnementaux. La transformation d’une ville sinistrée en un modèle de résilience est désormais l’objectif commun.
- E-K