C’est une victoire de la solidarité locale sur l’enclavement. Grâce à une mobilisation communautaire exemplaire, le pont reliant le groupement de Lubengera (Chefferie de Buloho) à celui de Kalima (Chefferie de Buhavu) est à nouveau opérationnel.
Pendant longtemps, franchir ce passage était devenu un véritable acte de bravoure, voire un danger mortel. Selon M. Vema Bisaira Dieudonné, chef ad intérim de la chefferie de Buloho, l’état de délabrement de l’ouvrage était tel qu’il constituait une menace permanente. « Il y avait urgence. La sécurité de nos concitoyens était en jeu », a-t-il précisé.
Face à la dégradation du pont, de nombreux habitants, par crainte de s’écrouler avec l’infrastructure, préféraient traverser la rivière à pied, au péril de leur vie. Ce calvaire touchait particulièrement les élèves et les enseignants, contraints à de longs détours épuisants pour rejoindre leurs écoles.
La force de l’autofinancement et du travail communautaire
La réponse à ce défi est venue de la base. Répondant à l’appel de l’autorité coutumière, plus de 250 volontaires se sont mobilisés pour un « Salongo » de grande envergure.
Au-delà de l’effort physique, c’est aussi un succès financier local : les travaux ont été financés par les taxes collectées au sein de la chefferie et par des contributions volontaires de la population. Une preuve concrète que l’autonomisation est possible. « La population doit apprendre à se prendre en charge pour relever les défis de son propre développement », a martelé le chef de chefferie.

Bien que l’ouvrage soit aujourd’hui fonctionnel et qu’il rétablisse la circulation des biens et des personnes entre les deux groupements, il reste provisoire. L’autorité locale souligne que l’objectif ultime demeure la construction d’un pont en matériaux durables, capable de résister durablement aux intempéries et au trafic.
En attendant, ce pont réhabilité souffle un vent de soulagement sur l’économie et la vie sociale de Buloho.
- Pour le Club MTI NI UHAI, Amos WETEKAYI Pacifique, depuis Bunyakiri.