Le cri d’alarme résonne sur les rives du lac Kivu, où la destruction silencieuse des écosystèmes lacustres menace l’équilibre écologique et la sécurité alimentaire de millions de personnes.
Malgré les lois en vigueur, la pêche illicite continue de prospérer, alimentée par la prolifération de méthodes destructrices et l’impunité de ceux qui les pratiquent.
La pêche dans le lac Kivu est un pilier de l’économie et de l’alimentation locale. Cependant, les méthodes utilisées par certains acteurs irresponsables mettent en péril ce trésor halieutique. La capture massive des alevins (les jeunes poissons) et l’utilisation de filets aux mailles prohibées sont devenues monnaie courante. Ces pratiques, effectuées sans scrupule dans les baies et les zones de reproduction, détruisent la capacité du lac à se régénérer.
Pendant que la population de Kalehe croît à un rythme exponentiel, la ressource, elle, s’amenuise dangereusement. Cette situation, si elle n’est pas rapidement jugulée, est annonciatrice d’une catastrophe humanitaire. Des cas de malnutrition sont déjà observés dans la zone de santé de Kalehe. Le drame est d’autant plus grave que le littoral de Kalehe est déjà fragilisé par des facteurs socio-économiques complexes, notamment les conséquences des conflits armés et la présence des sinistrés de la catastrophe de Bushushu. Sans action immédiate, un effondrement de la sécurité alimentaire est inévitable.
Face à cette menace imminente, nous, acteurs et défenseurs de l’environnement, lançons un appel pressant aux autorités compétentes pour qu’elles prennent des mesures urgentes. Il est impératif de mettre un terme à cette dérive pour éviter des conséquences irréversibles.
Plusieurs recommandations clés pour préserver le lac Kivu à en croire M. Janvier Mushagalusa, environnementaliste de formation.
Pour lui, il faut renforcer la surveillance à travers les services compétents qui doivent être activer pour une surveillance efficace et régulière du lac, afin de dissuader et de réprimer les activités illégales.
Les destructeurs de l’écosystème, y compris les pêcheurs et les commerçants de captures illicites, doivent être identifiés et punis sévèrement, conformément à la loi. Le démantèlement de toute la filière est crucial.
Les structures communautaires impliquées dans la protection de l’environnement doivent être mobilisées et soutenues pour une lutte collective et durable.
Une interdiction stricte de la pêche dans les baies et les zones de reproduction, ainsi que l’usage des filets illicites, doit être formellement appliquée. La mise en place d’une fermeture momentanée et rotative de la pêche par zone est également une solution viable pour permettre la régénération des stocks.
Il est de notre responsabilité collective de protéger ce lac, source de vie pour des générations. Le temps de l’inaction est révolu. Le futur du lac Kivu et de ses populations dépend des décisions que nous prendrons aujourd’hui.
- Correspondant local