Le vendredi 23 mai 2025 marque une date clé pour la coopération régionale dans les Grands Lacs. Le Groupe de Dialogue Permanent, GDP Bukavu-Kamembe a initié un ambitieux processus de redynamisation, avec l’objectif de renforcer les liens au niveau local entre la République Démocratique du Congo, le Rwanda et le Burundi, membres de la Communauté Économique des Pays des Grands Lacs (CEPGL).
Cette démarche, facilitée par le Réseau d’Innovation Organisationnelle (RIO) en collaboration avec Never Again Rwanda, est cruciale pour promouvoir une paix durable et un développement humain inclusif dans une région aux dynamiques complexes.
Un bilan franc pour une nouvelle impulsion
Les membres du GDP Bukavu-Kamembe, réunis à l’occasion de cette redynamisation, ont dressé un état des lieux sans complaisance de leur structure. « De nombreuses faiblesses » ont été identifiées, soulignant la nécessité d’une réorientation stratégique pour que le groupe puisse « parfaitement remplir la mission » qu’il s’est fixée.
Pour M. Bavon, modérateur de la journée, il était essentiel de réaliser « un tableau précis du fonctionnement actuel du GDP Bukavu-Kamembe, en identifiant ses forces, ses faiblesses, les menaces auxquelles il est confronté et les opportunités qu’il peut saisir. » Cette analyse approfondie a permis de réévaluer le mandat, la durée, la composition et les objectifs des GDP existants, afin de les adapter au contexte régional actuel.

Mission renforcée et structure repensée
La mission du GDP demeure inchangée dans son essence : favoriser la paix durable, la cohésion sociale, la coopération transfrontalière et le développement inclusif entre les communautés des États de la région (RDC-Rwanda), les autorités et toutes les couches des populations concernées.
Pour concrétiser cette ambition, la structure du GDP a été repensée. Le GDP est désormais composé de 40 membres, avec une parité de 20 membres de Bukavu (RDC) et 20 de Kamembe (Rwanda). Le siège sera alterné entre les deux villes, et les membres des deux États agiront de manière concertée.
Le GDP est doté de deux organes, un comité directeur et une assemblée plénière des membres. Le comité directeur est composé d’un modérateur, de deux vice-modérateurs, de deux secrétaires et de deux trésoriers. Une attention particulière a été portée à l’inclusion, avec un comité qui inclura trois femmes pour garantir une haute responsabilité et une meilleure représentativité.
Des personnalités ont été désignées par consensus pour exercer les fonctions clés au sein du comité directeur.
Des objectifs ambitieux pour un impact durable
Le GDP a renforcé ses objectifs, désormais déclinés comme suit. Appuyer la mise en œuvre des accords et déclarations issus des États et organisations sous-régionales ou régionales qui renforcent la paix et la cohésion. Il s’agira de promouvoir le dialogue continu et inclusif entre les communautés frontalières pour prévenir, gérer et transformer positivement les conflits, de servir de plateforme de plaidoyer collectif sur les enjeux partagés (sécurité, environnement, commerce transfrontalier, mobilité, échanges sociaux, etc.), de renforcer les liens entre les trois pays de la CEPGL par une participation élevée des citoyens aux actions de plaidoyer, aux événements culturels et à la formulation de projets de développement économique transfrontalier ou intégrateurs, interagir avec les autres GDP de la région (Kamanyola, Bugarama, Uvira et Gatumba) et encourager la participation des groupes vulnérables (femmes, jeunes, personnes déplacées, réfugiées) dans les processus de paix et de développement.
Un plan d’actions concret pour les six prochains mois

Pour l’opérationnalisation de cette redynamisation, un plan d’actions a été adopté pour la période juin-décembre 2025. Il inclut des réunions ordinaires trimestrielles, des dialogues communautaires dans les villes frontalières ainsi que des campagnes de sensibilisation axées sur la cohabitation pacifique, la lutte contre les messages de haine, les stéréotypes et la manipulation.
« Nous avons élaboré une planification trimestrielle d’actions visant le renforcement des liens entre les citoyens du Rwanda et du Congo, » a précisé M. Paul de Never Again Rwanda, soulignant que ces actions incluront des événements culturels, des dialogues intercommunautaires et d’autres initiatives de paix transfrontalière.
Un engagement durée indéterminée pour la paix régionale
La journée a été marquée par un processus participatif et structuré, avec des ateliers et des plénières ayant permis de valider les propositions. La signature du Procès-Verbal de redynamisation du GDP Bukavu-Kamembe a officialisé cette étape clé, et un canevas de rapportage trimestriel a été défini pour un suivi rigoureux.
La durée du GDP Bukavu-Kamembe est désormais indéterminée, symbolisant un engagement à long terme pour la paix et la coopération. Cette initiative, facilitée par le RIO, marque une volonté claire d’adapter et de renforcer les mécanismes de dialogue populaire pour une coopération transfrontalière plus efficace et une paix durable au cœur de la région des Grands Lacs.
Cette redynamisation est un pas concret vers un avenir où les frontières ne sont plus des barrières, mais des ponts pour la cohésion et le développement.
- Egide K