La crise humanitaire prend un tournant dramatique dans le groupement de Musenyi, au cœur de la chefferie de Buloho, dans le territoire de Kalehe.
L’arrivée massive de populations fuyant les affrontements dans la chefferie de Buhavu (groupement de Mubuku) a exacerbé une situation déjà précaire, menant à une tragédie inacceptable.
Un décès révélateur de l’urgence sanitaire
Le 25 juillet 2025, un événement déchirant a mis en lumière la vulnérabilité extrême des déplacés. Kitumaini Ombeni, un enfant autochtone pygmée de seulement 7 ans, est décédé dans le campement de Bihaka. La cause : un manque total de soins médicaux. Ce décès n’est pas un cas isolé ; il symbolise le cri silencieux d’une communauté oubliée.
Musenyi : une entité sans infrastructures vitales
Le groupement de Musenyi, qui abrite environ 70 000 habitants, est historiquement dépourvu d’infrastructures sanitaires de base. Aucune structure fonctionnelle n’est capable de répondre aux besoins urgents de cette population. La situation s’est aggravée de manière critique depuis l’afflux des déplacés en juin 2025, transformant le quotidien en une lutte pour la survie.
Selon les données alarmantes de la Division des Affaires Sociales (DIVAS) de Buloho, 63 enfants souffrant de malnutrition aiguë ont été identifiés dans une seule des trois grandes localités du groupement de Musenyi. Ces chiffres ne sont que la pointe de l’iceberg d’une crise profonde, souvent invisible aux yeux du grand public.
Un appel pressant à l’action
L’organisation IFAPPDE lance un cri d’alarme retentissant. Ce drame constitue un plaidoyer urgent non seulement pour les personnes déplacées, mais aussi pour interpeller la conscience du gouvernement congolais et de ses partenaires. Il est impératif de doter cette entité coutumière d’une structure sanitaire digne de ce nom pour sauver des vies humaines.
IFAPPDE exhorte fermement le gouvernement congolais et le Ministère de la Santé, les agences onusiennes, les partenaires humanitaires, à agir sans délai et à déployer une réponse sanitaire d’urgence dans le groupement de Musenyi, installer un centre de santé de proximité équipé et doté de personnel qualifié, mettre en œuvre un appui nutritionnel immédiat pour prévenir d’autres décès évitables etgarantir l’accès aux soins primaires pour tous les enfants et familles déplacées.
La santé : un droit, pas une faveur
IFAPPDE rappelle avec force que l’accès à la santé est un droit fondamental, et non une faveur. Il est temps que les promesses se transforment en actions concrètes pour ces communautés qui endurent des souffrances inimaginables. La vie de Kitumaini Ombeni ne doit pas avoir été perdue en vain.
- Egide Kitumaini