Dans les territoires de Kalehe et Kabare, les associations de donneurs bénévoles de sang font face à des défis colossaux.
En pleine période de conflits armés, ces organisations cruciales sont minées par l’insécurité, le manque de matériel et une crise financière aiguë. La conséquence directe est une pénurie alarmante de sang dans les structures sanitaires, menaçant la vie de nombreux patients.
Bunyakiri : un système de don du sang à bout de souffle
Dans la zone de santé rurale de Bunyakiri, les associations de donneurs bénévoles peinent cruellement à répondre aux besoins urgents des hôpitaux. Le départ des partenaires financiers a laissé un vide immense, privant ces associations de moyens techniques essentiels. Un membre du comité des donneurs du Centre Hospitalier de Cigoma, dans le groupement de Mubugu, explique que l’insécurité est un défi majeur, ayant entraîné la fuite de la majorité des bénévoles vers des villages voisins.
L’hôpital de Cigoma, comme d’autres, manque également d’outils fondamentaux pour le prélèvement sanguin et les consultations préalables, indispensables pour déterminer les groupes sanguins et dépister les maladies transmissibles. « Nous rencontrons de multiples difficultés, avec la rupture de certains intrants, » témoigne ce membre. Plus grave encore, la collation post-don n’est plus disponible, un élément essentiel pour encourager et maintenir l’engagement des volontaires, ce qui en décourage un grand nombre. Le personnel soignant est souvent contraint de faire appel aux proches des patients pour obtenir quelques poches de sang, dans un contexte où même les marqueurs pour les tests sérologiques font défaut.
Kabare : même combat, réserves critiques
La situation n’est guère meilleure dans le territoire voisin de Kabare. Là aussi, les structures sanitaires sont débordées, et les réserves de sang se vident à une vitesse inquiétante. Le Dr. Urbain M. de Ziralo confirme l’ampleur du problème, soulignant que depuis la fin du projet soutenu par Médecins Sans Frontières (MSF) dans la zone de santé de Bunyakiri, ces associations de donneurs ne bénéficient plus d’aucune assistance.
Les hôpitaux peinent à répondre aux urgences, et le besoin d’une forte sensibilisation à Kabare est urgent pour inciter la population à donner son sang, malgré les conditions difficiles.
Un appel urgent à l’aide des partenaires
Face à cette crise humanitaire grandissante, le médecin directeur de l’hôpital de Cigoma lance un appel vibrant aux partenaires et intervenants dans la région. Il sollicite une intervention urgente pour aider ces associations et structures sanitaires à surmonter leurs défis sécuritaires, matériels et financiers. La survie de nombreux patients dépend directement de la disponibilité de sang et du soutien à ces bénévoles courageux qui, malgré tout, continuent de tenter de sauver des vies.
Ce bulletin humanitaire HZM, diffusé sur la radio Gorilla FM, est une production du Rateco en collaboration avec Remel.
- Egide Kitumaini