L’impact dévastateur de la guerre imposée à l’Est de la République Démocratique du Congo continue de préoccuper les représentants du peuple. L’Honorable Olive Mudekereza, Député national élu du Sud-Kivu, a récemment mis en lumière la gravité de la situation humanitaire et économique dans une interpellation forte adressée à la Première Ministre, Cheffe du Gouvernement. Elle y dresse un tableau sombre des conséquences du conflit et propose une série de mesures urgentes et concrètes pour alléger le fardeau des populations affectées.
Une vie bouleversée et un tissu économique détruit
« En effet, en situation de guerre, la vie est bouleversée », constate amèrement le Député Mudekereza. Le conflit, qu’elle attribue à « la guerre nous imposée injustement laisse derrière lui un sillage de destruction : « Les familles sont en débandade, certaines en déplacement, des vols, incendies et pillages sont observés ». Cette violence et ces déprédations occasionnent, selon elle, une « destruction méchante du tissu économique », anéantissant les moyens de subsistance et plongeant les communautés du Nord et du Sud-Kivu dans une précarité extrême. Ces « affres » de la guerre n’épargnent personne, affectant directement les habitants de l’Est ainsi que ceux qui ont fui vers les provinces voisines ou se sont réfugiés dans les pays limitrophes comme le Burundi et la Tanzanie.
Éducation et examens : le poids insupportable des frais
Dans ce contexte de dénuement généralisé, la perspective des examens nationaux (Enafep, Tenasosp, Exetat) qui « pointent à l’horizon » devient une épreuve supplémentaire insoutenable. Ces examens nécessitent le payement de frais de participation, une exigence jugée cruellement paradoxale par le Député. Demander à des compatriotes « incapables de se procurer même le pain quotidien » de s’acquitter de ces différents frais « est comme enfoncer une épée dans une plaie qui saigne encore », alerte l’Honorable Mudekereza, utilisant une métaphore saisissante pour décrire la douleur infligée.
Appel à l’exemption totale des frais d’examen
C’est pourquoi, s’appuyant sur la logique du programme du Chef de l’État, garant du bon fonctionnement des institutions et incarné par son slogan « Le peuple d’abord », ainsi que sur les principes d’orthodoxie gouvernementale, il demande une mesure forte : une exemption totale du payement des frais de participation aux examens d’État. Cette exemption devrait bénéficier aux élèves vivant dans les zones directement touchées par la guerre (en particulier au Nord et Sud-Kivu) et à ceux qui se sont réfugiés dans les pays voisins. L’objectif est clair : « ne permettre aucune exclusion de partition [participation] aux dites épreuves d’un seul élève ». Le Député propose également d’examiner la possibilité d’alléger les frais académiques pour les étudiants universitaires originaires de ces zones, rappelant que « la jeunesse est la sève qui fera vivre l’avenir » et que son éducation et sa formation doivent être des priorités pour « espérer à un demain meilleur ».
Sort des fonctionnaires déplacés et assouplissements administratifs
Tout en reconnaissant la ferme détermination du Chef de l’État, Magistrat suprême, à « en découdre définitivement par toutes les voies possibles » avec la guerre pour ramener la paix et permettre une vie normale, le Député attire l’attention sur d’autres conséquences du conflit. Il évoque le sort des fonctionnaires déplacés loin de leur lieu de travail habituel, qui « à ces jours ne savent plus à quel saint se vouer ». Considérant que « la guerre ne doit pas être comprise comme une autre forme de licenciement », il propose leur intégration provisoire dans les administrations des localités où ils se sont réfugiés, afin de leur permettre de continuer à servir l’État et de percevoir leur salaire, vital pour la survie de leurs familles.
Face à l’effondrement de la situation socio-économique générale, l’Honorable Mudekereza réitère également une proposition déjà soumise récemment (lors d’une motion à l’Assemblée Nationale le 17 avril 2025) : instruire tous les ministères et services de l’État à prendre, chacun en ce qui le concerne, des mesures spéciales d’assouplissement – administratives, fiscales, judiciaires et d’immigration – pour la population de l’Est. Il souligne la nécessité de faciliter les déplacements des déplacés des zones occupées, notamment vers Kinshasa par les voies aériennes alternatives (via Entebbe ou Kigali), en demandant que les documents de voyage visés à Goma ou Bukavu (laisser-passer, titres tenant lieu, passeports) ne fassent plus l’objet de doutes excessifs après vérification par les services spécialisés, même si leur validation par les pays de transit reste nécessaire.
Des mesures économiques et financières urgentes
Enfin, le député salue les mesures spéciales déjà prises par la Banque Centrale (instruction n°44 du 8 avril 2025) en faveur des établissements de crédit au Nord et Sud-Kivu. S’inspirant de cet exemple positif, il appelle la Banque Centrale à poursuivre sur cette lancée en enjoignant aux banques commerciales et institutions financières d’assurer un service minimum pour les petits montants, indispensable à la survie quotidienne des populations locales. Il exhorte par ailleurs les autres organes du gouvernement à « emboiter le pas » à la Banque Centrale par des actions similaires : des « mesures de facilitation et/ou d’allègements fiscaux » sont nécessaires pour permettre aux « gagnepetits », micro-entreprises et PME de survivre malgré la dureté de la situation, et pour aider le « bas peuple » à « relever et réajuster tant soit peu, le panier de la ménagère ».
En définitive, l’appel du Député Olive Mudekereza à la Première Ministre est un plaidoyer vibrant pour une action gouvernementale multidimensionnelle et coordonnée. Il souligne qu’en plus de la lutte militaire pour la paix, il est impératif de mettre en œuvre des mesures concrètes, ancrées dans la réalité du vécu quotidien des populations de l’Est de la RDC, pour préserver le tissu économique et social directement impacté par les « affres de la guerre.
- Egide Kitumaini +243896606137