À l’occasion de la Journée Internationale de la Liberté de la Presse, célébrée ce samedi 10 mai 2025, les professionnels des médias de Shabunda, dans la province du Sud-Kivu, ont profité de cette date symbolique pour lancer un vibrant plaidoyer. Par le biais de la sous-section locale de l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC), ils ont dressé un tableau sombre de leurs conditions de travail et de vie dans cette partie du pays.
Les journalistes de Shabunda dénoncent unanimement la précarité qui mine leur corporation. Ils soulignent l’absence criante de rémunération régulière et de contrats de travail formels, plongeant nombre d’entre eux dans une grande insécurité financière. Cette situation est aggravée par les difficultés techniques : plusieurs stations de radio locales sont réduites au silence, faute d’un accès stable à l’énergie, un problème infrastructurel majeur qui entrave la diffusion de l’information.
Au-delà des défis économiques et techniques, l’insécurité grandissante constitue une menace constante. Les journalistes rapportent être confrontés à des restrictions, notamment une interdiction de circulation après 21h00, limitant considérablement leur capacité à couvrir les événements et à exercer pleinement leur métier, particulièrement en soirée. Cette contrainte sécuritaire nuit directement à leur mission d’informer la population locale.
Face à cette accumulation de difficultés – manque de salaires, absence de contrats, contraintes énergétiques et insécurité imposant même un couvre-feu de facto – les journalistes de Shabunda lancent un appel pressant. Ils sollicitent l’implication urgente des autorités, tant provinciales que nationales, afin d’apporter des solutions concrètes pour « éradiquer la misère » dans laquelle ils se trouvent et garantir un environnement de travail plus digne et sécurisé, indispensable à l’exercice de la liberté de la presse.
En ce jour dédié à la défense des médias libres, la situation des journalistes de Shabunda rappelle avec force les défis persistants auxquels sont confrontés les professionnels de l’information dans les zones reculées, soulignant l’urgence d’agir pour assurer leur sécurité et leur capacité à informer le public.
- Egide K