À Bukavu, l’heure est à la métamorphose pour la Radio Kahuzi-Biega FM. Habituellement connue pour être l’écho de la biodiversité, la station s’aventure aujourd’hui sur un terrain plus complexe : la conscience humaine.
Entre les murs du centre WCS à Nguba, journalistes et techniciens troquent leurs microphones contre des stylos pour un marathon de 30 jours.
Leur mission ? Devenir des remparts contre la justice expéditive. Dans une région où la colère prend parfois le dessus sur la loi, ces professionnels apprennent à déconstruire les mécanismes de la haine. Ce n’est plus seulement une question de radio, c’est une question de survie. « Nous passons d’une radio qui informe à une radio qui soigne les maux de la société », murmure-t-on dans les couloirs de la formation.
Egide Kitumaini, responsable de service radio à Kahuzi-Biega indique que l’objectif central de ce coaching est de professionnaliser la réponse médiatique face à la recrudescence de la vindicte populaire au Sud-Kivu.
À travers ce cycle de formation in-situ, les journalistes et agents administratifs acquièrent des outils de communication spécifiques visant à promouvoir la sacralité de la vie humaine et le recours aux institutions judiciaires légales.
À cette occasion, un ouvrage sur la vindicte populaire au Sud-Kivu est en cours de rédaction. Cet outil de sensibilisation, de conscientisation et d’éducation communautaire est l’œuvre du journaliste Egide Kitumaini, par ailleurs Secrétaire provincial de l’UNPC Sud-Kivu.
- Angel Nsim