Une distinction pour une analyse cruciale du genre en politique
Le Centre d’Excellence de la Communauté des États de l’Afrique Centrale (C.E.E.A.C) a célébré ce merecredi 12 novembre, l’excellence académique avec l’attribution de la mention Grande Distinction à Madame MUSHAGALUSA MAPENDO JULIENNE, Licenciée en Droit, pour la défense de son mémoire de Master Professionnel, Cycle Électoral.
Dirigée par le Professeur Ferdinand KAPANGA MUTOMBO, cette œuvre scientifique capitale porte sur la question essentielle de la démocratie en RDC : Quel est l’impact de la réforme électorale sur la dimension genre en RDC ?
Le titre percutant du travail, « La parité à l’épreuve des urnes congolaises », annonce une analyse juridique et politique rigoureuse des mécanismes légaux censés garantir une représentation équitable des femmes dans les institutions nationales.
Le cas des élections de 2023, un test crucial
Le rôle des femmes en politique et leur représentation constituent des enjeux cruciaux pour la consolidation de la démocratie en République Démocratique du Congo (RDC). La récente réforme électorale a suscité de grands espoirs, introduisant des dispositions visant explicitement à améliorer la prise en compte de la dimension genre dans l’établissement des listes de candidatures.
Le mémoire de Madame Mushagalusa s’est concentré spécifiquement sur les élections générales de 2023, considérées comme le véritable test de l’efficacité des nouvelles dispositions légales. L’étude visait à répondre à deux interrogations fondamentales. Il s’agit d’abord de l’efficacité des mécanismes. Les mesures introduites par la réforme électorale ont-elles réussi à inciter ou contraindre les partis politiques à intégrer un nombre significatif de femmes dans leurs listes de candidats ?
Par rapport à l’impact pratique, elle se pose la question de savoir quelle manière l’application concrète de ces lois a-t-elle influencé la composition finale des listes, et par extension, le nombre de femmes potentiellement élues dans les assemblées nationales et provinciales.
Bien que la constitution de la RDC et la législation nationale encouragent formellement la parité, leur mise en œuvre effective se heurte traditionnellement à de profonds obstacles socioculturels et politiques.

Une conclusion indispensable pour l’avenir
L’analyse menée par l’étudiante a cherché à évaluer si les sanctions ou les incitations prévues par la réforme ont permis de transcender ces barrières traditionnelles ou si les partis et regroupements politiques ont su les contourner.
Les conclusions de ce travail, récompensé par la Grande Distinction, offrent un éclairage indispensable pour l’avenir de la politique congolaise. Elles permettent d’évaluer si la réforme de 2023 constitue une avancée réelle vers l’égalité de représentation ou si elle n’est, hélas, qu’une déclaration d’intention légale.
Ce travail permet non seulement de dresser un bilan critique de la participation féminine en 2023, mais surtout de dégager des recommandations concrètes pour renforcer le cadre juridique de la parité et garantir une participation féminine plus équitable et effective lors des scrutins à venir en RDC, faisant du genre un moteur, et non un simple accessoire, de la démocratisation.
L’expertise de Madame Mushagalusa Mapendo Julienne est désormais un atout majeur pour les réflexions futures sur l’égalité des chances et la bonne gouvernance électorale en Afrique Centrale.
- Ben Mugisho