La zone de santé rurale de Minova, située dans le territoire de Kalehe, est actuellement désignée comme l’épicentre d’une épidémie de choléra qui préoccupe les autorités sanitaires et les acteurs humanitaires. Cette crise, exacerbée par la présence de nombreuses populations déplacées et de familles d’accueil vivant souvent dans des conditions précaires, voit également proliférer d’autres maladies contagieuses, affectant particulièrement les enfants.
Face à cette situation critique, des organisations non gouvernementales comme AIDES, avec l’appui de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), sont opérationnelles dans la zone de santé de Minova pour apporter une réponse. Grâce à leur intervention, axée notamment sur un soutien financier et médical, une prise en charge est assurée pour les personnes malades, en particulier à l’Hôpital Général de Minova. Les enfants des déplacés et retournés, parmi les plus vulnérables, bénéficient ainsi de soins essentiels contre le choléra et d’autres affections contagieuses.
Cependant, malgré cet appui crucial, les défis sur le terrain restent considérables. Monsieur Didier Weteshi, technicien de laboratoire à Minova, met en lumière plusieurs obstacles majeurs qui freinent la lutte contre ces épidémies. Il souligne notamment le manque criant de moyens de prévention et de protection élémentaires au sein de la communauté – qu’il s’agisse des ménages, des visiteurs à l’hôpital, ou des habitants des camps de déplacés. S’y ajoute l’insuffisance persistante des intrants médicaux nécessaires au bon fonctionnement de l’Hôpital Général de Minova.
Monsieur Weteshi déplore également que le soutien des partenaires ne couvre pas l’ensemble des structures sanitaires de la zone de santé, laissant certaines démunies face à l’afflux de malades. Cette couverture partielle rend le traitement des personnes affectées d’autant plus difficile et expose même les motocyclistes qui assurent le transport des malades depuis les zones éloignées.
Au milieu de ce tableau difficile, des voix s’élèvent pour témoigner de l’aide reçue et lancer des appels supplémentaires. Madame Tumaini Ahadi, dont l’enfant a bénéficié des soins, exprime sa satisfaction quant à la qualité de la prise en charge et remercie sincèrement AIDES et l’OMS pour leur intervention salvatrice. Consciente des besoins qui dépassent les capacités actuelles, elle lance un appel vibrant à d’autres organisations : « Nous invitons d’autres partenaires à intervenir de toute urgence pour une assistance humanitaire plus large dans la zone. Nous avons besoin de plus de soutien pour faire face à toutes ces maladies. »
La situation sanitaire à Minova exige une réponse massive et coordonnée. Si l’engagement d’AIDES et de l’OMS permet de sauver des vies et d’offrir des soins, il ne suffit pas à endiguer complètement la propagation des épidémies qui frappent les populations vulnérables. L’appel à une mobilisation accrue des partenaires, pour renforcer la prévention, l’accès aux soins dans toutes les structures et la fourniture d’intrants médicaux, est vital pour contenir cette crise et protéger la vie et la santé des déplacés, des retournés et des familles d’accueil de la zone de santé de Minova.
Ce rapport, qui met en lumière une situation sanitaire critique et l’urgence d’une action concertée, nous parvient via le bulletin quotidien d’information humanitaire diffusé à la radio Gorilla FM, réalisé par le consortium RATECO-REMEL avec l’appui de Benevolencja Grands Lacs.
- La rédaction