Une scène contrastée s’est déroulée ce jeudi 18 juillet 2025 à Makola, village de la province du Maniema, où la capture d’un hippopotame, qualifiée d’action de « refoulement », a suscité à la fois un soulagement immédiat et un débat profond sur les méthodes de gestion de la faune sauvage et la coexistence avec l’homme.
Initialement, une note de remerciement élogieuse a été adressée à monsieur le gouverneur, saluant son « engagement exemplaire » et sa « volonté politique affirmée » qui ont permis l’intervention d’une équipe pour « refouler » les hippopotames.
Ces animaux étaient perçus comme une menace directe pour la sécurité des habitants et un obstacle majeur à leurs activités de pêche, vitales pour la subsistance locale. La capture du premier hippopotame a été accueillie avec une « immense joie » par les riverains, y voyant un « geste porteur d’espoir pour une paix durable et le rétablissement de leurs moyens de subsistance. »
Cependant, cette allégresse a rapidement laissé place à des interrogations et des préoccupations plus larges. Un observateur a exprimé son « embarras de l’esprit » face à cette situation, se demandant si la joie était liée à l’éloignement des animaux de leur habitat aquatique vital ou à la protection des cultures champêtres.
La réalité sur le terrain a ensuite éclairci le terme de « refoulement ». Il semblerait que la « capture » ait abouti à la mort de l’animal, dont la viande était « déjà exposée devant la population ». Ce spectacle, qui était une « fête au village », a mis en lumière une vérité dérangeante : la solution apportée ne règle pas le « problème de fond ».
Le véritable enjeu, selon un autre intervenant, réside dans l’invasion croissante des habitats naturels des hippopotames par l’homme. Avec l’expansion des champs et des habitations, ces animaux, lorsqu’ils sortent de l’eau, se retrouvent directement au cœur des activités humaines, conduisant inévitablement à des « confrontations… souvent avec des conséquences tragiques ».
Cette situation à Makola met en évidence la complexité de la gestion de la faune sauvage dans des régions à forte pression démographique. Si le soulagement face à une menace immédiate est compréhensible, la méthode employée et la joie qu’elle suscite interpellent sur la nécessité d’une réflexion plus profonde et de solutions durables pour une coexistence pacifique entre l’homme et la nature.
- Egide K