La question cruciale de l’accès à l’eau potable à Bukavu et ses environs est une préoccupation constante pour les habitants.
Au-delà des défis liés à l’infrastructure vieillissante et à la gestion, un problème persistant et souvent sous-estimé entrave gravement la distribution de l’eau : les constructions anarchiques érigées directement au-dessus des conduites principales de la Régie de Distribution d’Eau (REGIDESO). Face à cette situation alarmante, des acteurs de la société civile lancent un appel pressant à la population pour cesser cette pratique dangereuse et illégale.
Un obstacle majeur à la distribution de l’eau
Ces constructions, qu’il s’agisse de résidences, de commerces ou d’autres édifices, sont devenues un véritable fléau pour le réseau de la REGIDESO. En effet, la présence humaine et le poids des structures au-dessus des tuyaux compromettent sérieusement leur intégrité et leur fonctionnement optimal. Comme le soulignent les acteurs de la société civile, « cette situation ne permet pas aux tuyaux de bien conduire l’eau une fois gênés par la présence humaine. »
Les conséquences sont multiples et directes sur la vie quotidienne des citoyens. Les pressions exercées par les fondations ou le poids des bâtiments peuvent déformer les canalisations, réduisant ainsi le diamètre interne et, par conséquent, le débit de l’eau.
Les mouvements du sol, les vibrations ou simplement la surcharge des constructions augmentent considérablement le risque de fuites et de ruptures des conduites, entraînant des pertes d’eau massives et des interruptions de service prolongées.
En cas de fuite ou de besoin de maintenance, la présence de bâtiments au-dessus des conduites rend toute intervention de la REGIDESO extrêmement difficile, voire impossible, sans causer des dommages aux propriétés privées. Cela prolonge les délais de réparation et l’attente des populations.
« Les ruptures de canalisations peuvent entraîner la contamination de l’eau potable par les eaux usées ou d’autres polluants, posant de sérieux risques pour la santé publique », averti l’infirmier Arsène Kalamebo.
L’appel de la société civile : Une question de responsabilité collective
Conscients de l’urgence de la situation, les acteurs de la société civile de Bukavu s’activent pour sensibiliser les populations. Leur message est clair : il est impératif de respecter les zones de servitude des infrastructures publiques. Ils appellent chacun à prendre conscience de l’impact de ces constructions illégales non seulement sur leur propre accès à l’eau, mais aussi sur celui de milliers d’autres ménages.
Cet appel met en lumière la nécessité d’une collaboration étroite entre la population, les autorités urbaines et la REGIDESO. Il s’agit de repenser l’urbanisation de la ville en intégrant la protection des infrastructures vitales. Des solutions passent par la sensibilisation continue en informant et en éduquant les citoyens sur les dangers et les conséquences de ces pratiques.
Les autorités doivent faire preuve de fermeté dans l’application des lois relatives à l’urbanisme et sanctionner les constructions illégales sur ces zones à risque.
Ingénieur Balolebwami Ruphin propose d’intégrer également la cartographie des réseaux souterrains dans les plans d’aménagement urbain pour éviter de nouvelles constructions anarchiques.
En cette période où l’accès aux services de base est plus que jamais essentiel, la protection des infrastructures hydriques de Bukavu est une responsabilité partagée. L’appel de la société civile résonne comme un rappel urgent à l’ordre, invitant chacun à contribuer à la pérennité de l’approvisionnement en eau pour le bien de toute la communauté.
- Egide K