La question du climat n’est plus un enjeu lointain, mais une préoccupation planétaire qui affecte sans distinction les communautés urbaines, rurales et insulaires. Notre continent est particulièrement touché par ces bouleversements, sa biodiversité étant gravement menacée.
Le lien entre changement climatique et sous-développement est aujourd’hui indéniable. L’exode rural, les migrations et l’instabilité sous toutes ses formes sont intimement liés aux dérèglements climatiques.
Ce 2ème Sommet Africain sur le Climat, qui fait suite à celui de Nairobi en 2023, nous offre une occasion unique de réaffirmer la position de l’Afrique dans les négociations internationales.
L’Afrique ne contribue qu’à hauteur de 4 % des émissions de gaz à effet de serre, alors que les nations industrialisées polluent la planète depuis plus de 150 ans. Pourtant, les financements promis sont loin d’être à la hauteur des besoins du continent. Pour financer ses plans d’adaptation au changement climatique, l’Afrique a besoin de 1,3 trillion de dollars par an. Or, seulement 300 milliards de dollars sont proposés, souvent sous forme d’investissements portés par le secteur privé, une somme largement insuffisante.
En outre, une gestion intelligente des ressources hydriques, le développement de l’irrigation, de la culture sous serres, du goutte-à-goutte et de l’hydroponie sont des impératifs. La préservation de nos écosystèmes côtiers et marins, via l’économie bleue, est également une priorité continentale.
Pour une justice climatique équitable
De Cancún à Bakou, en passant par Paris, les voix des pays du « Sud Global » ne cessent de s’élever en faveur d’une véritable justice climatique. Les aspirations de nos pays, pour un financement conséquent et substantiel, doivent être prises en compte avec sérieux et détermination.
La lutte contre le changement climatique est un combat commun, mais la responsabilité historique et les moyens financiers doivent être partagés de manière équitable. L’Afrique est prête à prendre part à l’effort mondial, à condition d’avoir les ressources nécessaires pour bâtir un avenir durable et résilient.
- Egide Kitumaini