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La cité de Kamituga, en pleine croissance démographique, fait face à une crise d’approvisionnement en eau potable alarmante.
Ce vendredi 13 juin 2025, le chef de centre de la Régie de distribution d’eau (REGIDESO) de Kamituga, David Mupenda, a lancé un cri d’alerte, soulignant l’urgence de la situation.
Une conduite obsolète face à une démographie galopante
Selon David Mupenda, une deuxième conduite de tuyaux de diamètre normal (DN 150) est impérativement nécessaire pour desservir correctement les cinq quartiers de la ville. Cette nouvelle infrastructure devrait s’étendre sur 8 kilomètres, reliant le site de captage d’eau de Bizombo à l’usine de traitement de Mero.
Le problème est de taille : « La conduite qui dessert actuellement la ville de Kamituga a été conçue pour vingt-trois mille (23 000) habitants seulement vers les années 1994, » rappelle David Mupenda. « Aujourd’hui, suite à la pression démographique, la population est estimée à trois cent cinquante mille (350 000) habitants. » Cette disparité entre la capacité d’approvisionnement et les besoins réels est à l’origine de la pénurie chronique.
Des infrastructures complémentaires indispensables
Au-delà de cette conduite vitale, la solution durable passe par l’ajout d’infrastructures complémentaires. La REGIDESO de Kamituga préconise l’installation de cinq grands réservoirs et de cinq groupes électrogènes de 50 KVA à des points stratégiques : Kele, Hexagone, Katunga-Sporting, Mero et Katunga. Ces équipements permettraient d’augmenter la capacité de stockage et de distribution de 50 à 100 mètres cubes, un apport crucial pour répondre à la demande croissante.
Un appel au parlement et aux partenaires
Cette situation préoccupante a déjà trouvé un écho au sein du parlement national. Un élu de la circonscription électorale de Mwenga a adressé une correspondance à la Direction centrale de la REGIDESO à Kinshasa, sollicitant un appui technique pour le centre de Kamituga.
Cet appel à l’aide intervient alors que la saison sèche commence à s’installer dans une agglomération déjà fréquemment victime de maladies d’origine hydrique et, plus récemment, d’infections au virus Monkeypox (variole du singe). L’accès insuffisant à l’eau potable ne fait qu’aggraver ces risques sanitaires, rendant l’urgence de la situation encore plus criante. La mise en place de ces nouvelles infrastructures est donc non seulement un enjeu de développement, mais aussi de santé publique pour Kamituga.
- Prosper Safari