« Un projet sans plan n'est qu'un voyage sans boussole ». Marie Louise Issanda
L’Hôtel Beau Lieu a servi de cadre, ce week-end, à une véritable mutation professionnelle. Durant quatre jours, les cadres des programmes PCPC et Médias, partenaires de la Coopération Suisse, ont été immergés dans les arcanes de la gestion de projet moderne. Retour sur une session qui fera date.
Comment garantir que chaque dollar investi dans le développement du Sud-Kivu produise un changement concret ? La réponse tient en trois lettres : CVP (Cycle de Vie de Projet). C’est autour de ce pivot que la Direction de la Coopération Suisse (DDC) a mobilisé ses partenaires pour un renforcement de capacités de haute voltige.
L’expertise au service de la précision
Pour cette mission, deux « maestros » de la gestion ont orchestré les débats. D’un côté, Jean-Pierre Buledi Mpia, patron du CEDECO, a déconstruit les mythes de l’ingénierie de projet. Sa thèse est simple mais radicale : une planification rigoureuse élimine 80 % des erreurs de suivi. Sous son impulsion, le cadre logique n’est plus une contrainte administrative, mais une véritable feuille de route stratégique.
De l’autre, le Professeur Elie Lunanga a apporté la touche scientifique. Expert en données, il a transformé l’exercice complexe du renseignement des indicateurs en un processus fluide. Baseline, cibles, outcome, produits, output, taux de réalisation… les chiffres ont désormais une âme et une voix pour prouver l’efficacité des actions menées sur le terrain.

La révolution du « Rapportage » : De l’ombre à la lumière
L’innovation majeure de cet atelier reste la mise à disposition d’un nouveau canevas de rapport narratif. Ce n’est plus un simple document papier, mais un outil de redevabilité aligné sur le système RDM (Management des Résultats).
Cette clarté technique a provoqué un véritable déclic chez les participants. Désiré Kyakwima Kalinde, du magazine Le Courrier de Bukavu, utilise une métaphore puissante pour décrire son expérience :
« Je suis sorti des ténèbres, je viens de voir la lumière. Savoir exécuter est une chose, mais savoir rapporter ses succès est vital pour exister institutionnellement ».
Un enthousiasme partagé par la Sœur Espérance Bufole, de la CDJP, qui voit en ces nouveaux outils le gage d’une transparence absolue et d’une crédibilité renforcée auprès des partenaires internationaux.
Un héritage pour l’avenir
Au-delà de la théorie, c’est une nouvelle culture de la performance qui s’installe. En affinant les compétences des acteurs des programmes PCPC et Médias, les facilitateurs et la Coopération Suisse ne font pas que remplir des cases : ils bâtissent une infrastructure intellectuelle solide pour le Sud-Kivu.
Désormais, les projets ne se contenteront plus d’exister ; ils seront pilotés, mesurés et rapportés selon les standards internationaux les plus exigeants, pour le plus grand bénéfice des citoyens congolais.
- E-K