Le Centre de formation en politique commerciale en Afrique (ESAMI-trapca) vient de franchir une étape décisive dans la promotion d’une agriculture durable et intégrée.
Un atelier régional de haut niveau, dédié à l’agroécologie et aux mécanismes du commerce transfrontalier, s’est clôturé sur un bilan largement positif, jetant les bases d’une intégration régionale plus inclusive au sein de l’EAC.
Ils étaient plus de 50 : décideurs politiques, techniciens de haut vol, mais aussi acteurs de terrain tels que commerçants et agriculteurs, venus des quatre coins de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC). Durant plusieurs jours, ces délégués ont participé à une session intensive visant un objectif ambitieux : maîtriser les rouages complexes des marchés agroécologiques et les régulations commerciales en vigueur.
Pour garantir une participation équitable et briser les barrières linguistiques, l’organisation a misé sur un format bilingue français-anglais, permettant des échanges fluides et des partages d’expériences transfrontaliers inédits.
De la théorie à la réalité des chiffres

Loin des simples discours académiques, l’atelier a permis d’armer les participants avec des outils concrets. Les sessions ont porté sur l’application rigoureuse du Régime Commercial Simplifié (REE), la levée des obstacles non tarifaires (ONT) et la compréhension fine des mesures sanitaires et phytosanitaires (SPS/OTC).
« L’enjeu est de traduire les dispositions de l’EAC et de la ZLECAF en opportunités réelles pour nos producteurs », souligne un responsable de l’ESAMI-trapca.
L’accent a particulièrement été mis sur l’inclusion. Des stratégies spécifiques ont été élaborées pour faciliter l’accès des femmes, des jeunes et des petits producteurs aux marchés régionaux, garantissant que personne ne soit laissé de côté dans cette transition écologique.
Namanga : le test du terrain
Le point d’orgue de cet atelier a sans doute été la visite pédagogique au poste frontière unique (One Stop Border Post) de Namanga. Sur place, les participants ont été confrontés à la réalité des opérations douanières et à la gestion coordonnée des frontières. Cette immersion a permis de confronter les cadres législatifs aux défis logistiques réels auxquels font face les flux commerciaux agroécologiques.

Un engagement renouvelé
Le succès de cet événement, soutenu par l’AFSA et l’agence suédoise Sida, réaffirme la position de leader de l’ESAMI-trapca dans le renforcement des capacités en Afrique. En liant recherche de preuves et mise en œuvre de politiques concrètes, l’institution continue de bâtir les piliers d’une intégration africaine forte et durable.
A en croire Mr Félix Mudumbi, diplômé Master à Esami, l’agroécologie n’est plus seulement une méthode de culture, elle devient, grâce à ces formations, un levier stratégique de croissance économique pour les pays de la sous-région.
- Egide KITUMAINI