Si l’Institut Kafunda a vibré au rythme des festivités pour célébrer la profession enseignante, le tableau peint par les professionnels de la craie reste assombri par des revendications sociales persistantes. Entre culture, sport et plaidoyer, la communauté éducative de Kalehe 2 a envoyé un message fort aux autorités.
Une célébration sous le signe de la convivialité
C’est dans l’enceinte de l’Institut Kafunda, établissement kimbanguiste de la sous-division Kalehe 2, que les festivités ont pris corps. Le programme, riche et diversifié, a permis aux élèves et aux enseignants de se retrouver autour de valeurs communes. Théâtre, danses traditionnelles et un match de football interclasses ont rythmé cette journée, transformant l’école en un véritable foyer de cohésion sociale.
Le malaise persistant du corps enseignant
Pourtant, derrière les sourires de façade, l’amertume est palpable. Pour de nombreux enseignants présents, le cœur n’était pas totalement à la fête. En cause : le non-respect des accords signés avec le gouvernement congolais.
Les doléances sont claires et se répètent comme un leitmotiv :
- Rémunération dérisoire : Des salaires jugés insignifiants face au coût de la vie.
- Retards de paiement : Une instabilité financière qui fragilise les foyers.
- Incertitude sur la retraite : L’absence de garanties pour une fin de carrière digne.
L’appel à la revalorisation de la profession
Prenant la parole, Makusudi Eliya Aristote, Préfet intérimaire de l’Institut Kafunda, n’a pas mâché ses mots. Tout en saluant le dévouement de ses collègues, il a interpellé les décideurs sur l’urgence de respecter les engagements pris : « Il est impératif que les autorités revalorisent cette profession essentielle, socle de tout développement », a-t-il martelé.
Résilience et autonomisation : L’approche GALS en renfort
Face à cette précarité, l’espoir d’une alternative s’est invité dans les échanges. Une session de sensibilisation sur l’approche GALS (Gender Action Learning System) a été organisée. Cet outil, promu par le PNKB, vise à offrir aux enseignants des mécanismes d’autodétermination et de planification pour renforcer leur résilience socio-économique. En misant sur l’inclusion et la gestion participative, l’approche GALS se présente comme un levier pour transformer le quotidien de ces éducateurs.
Un héritage à préserver
En clôturant cette journée, l’Institut Kafunda a rappelé que l’enseignement ne peut porter ses fruits sans une dignité minimale pour ceux qui le dispensent. Le message est lancé : pour que l’école reste le berceau du futur, elle doit d’abord prendre soin de ses gardiens.
- Ben Mugisho