Face à la montée inquiétante des dérives professionnelles, la Centrale de Monitoring des Médias et l’UNPC au Sud-Kivu ont réuni ce mercredi, à l’Auditorium de la Femme de Labotte, les professionnels de la plume et du micro.
Au cœur des échanges : 29 cas de violations flagrantes de l’éthique journalistique et un engagement collectif pour un retour aux fondamentaux de la profession.
Le décor a été planté par Patrick Cishibanji, secrétaire rapporteur de la commission de discipline et d’éthique professionnelle. Son exposé-débat a mis en lumière une réalité sombre : 29 cas de violations déontologiques sont actuellement sous la loupe de la commission.
Parmi les dossiers les plus emblématiques figurent de fausses accusations visant Aimé Boji Sangara. Une partie de la presse avait annoncé avec fracas son « expulsion » de la présidence de l’équipe de football Bukavu-Dawa, alors qu’il s’agissait simplement d’une indisponibilité ayant conduit à une élection statutaire régulière.
Outre la désinformation, la centrale déplore des publications saturées de messages de haine, de xénophobie et de calomnie. Plus grave encore, des cas d’usurpation de fonction et de conflits d’identité ont été signalés, ternissant l’image de la corporation.
Vers une régulation accrue des médias en ligne
Le président de l’UNPC Sud-Kivu a profité de cette tribune pour appeler à une vigilance accrue sur les contenus numériques et les médias opérant dans les territoires. Tout en se portant garant de la sécurité des journalistes, Darius Kitoka a rappelé que cette protection va de pair avec une responsabilité sans faille.

Présent à la séance, le Maire de Bukavu, Ladislas Muganza Wakandwa, a exhorté les professionnels des médias à jouer leur rôle d’« église au milieu du village ». Pour l’autorité urbaine, la presse a l’obligation patriotique de consolider la cohésion sociale plutôt que de l’effriter.
Un « Mémo d’Engagement » pour sauver la crédibilité
La rencontre, organisée dans un contexte de recrudescence des fake news et des discours de haine, a atteint son objectif principal : la prise de conscience. Les journalistes de radios, blogueurs et directeurs de rédaction présents ont participé à des débats houleux mais constructifs.
L’activité s’est clôturée par un acte fort : la signature d’un mémo d’engagement. Ce document oblige désormais chaque signataire à respecter strictement le code d’éthique et de déontologie, vérifier systématiquement l’information avant toute diffusion et proscrire tout message haineux ou discriminatoire.
Pourquoi ce panel ?
La prolifération des sites d’information et des web-radios à Bukavu, si elle est un signe de vitalité démocratique, expose aussi la profession à des représailles judiciaires ou sécuritaires dues à l’amateurisme. En renforçant la compréhension du cadre légal, les organisateurs espèrent transformer la menace en opportunité pour un journalisme plus responsable et crédible.
- Ben Mugisho