Chaque année, à l’approche des grandes vacances, la ville de Bukavu est le théâtre d’un drame récurrent : des incendies se déclarent, semant la désolation et plongeant des familles entières dans le désarroi.
Les avenues Irambo, Pesage, Nyakaliba, Kahuzi, Rukumbuka et Kabwa Kasirhe sont particulièrement touchées, mais le phénomène s’étend à d’autres quartiers notamment Nkafu et Mosala.
Les causes de ces feux sont multiples, mais l’une revient avec insistance : « la cuisson non surveillée dans les foyers », explique un acteur avisé de la société civile. Il indique également qu’un moment d’inattention, un feu mal éteint, et c’est le début d’une catastrophe. La plupart du temps, les familles ignorent l’origine exacte du sinistre, ne pouvant que constater les dégâts une fois l’irréparable commis. « Certains incendies se déclarent en pleine journée, d’autres la nuit, ne laissant que peu de temps aux habitants pour réagir ».
Une entraide salutaire, mais insuffisante
Face à l’urgence, la solidarité prend le relais. Ce sont principalement les jeunes du quartier qui se mobilisent pour combattre les flammes, luttant avec courage et abnégation pour tenter de maîtriser le feu. Mais leur action, bien que salutaire, est souvent insuffisante. La ville, en cette période de crise humanitaire, souffre d’une absence criante de véhicules anti-incendie, un manque qui rend la situation d’autant plus critique.
À cela s’ajoute une topographie complexe et un urbanisme parfois anarchique. Le relief accidenté de Bukavu et les constructions mal planifiées rendent de nombreux endroits inaccessibles aux secours. Les chemins étroits et sinueux, les maisons collées les unes aux autres, transforment un simple incident en un véritable brasier difficile à éteindre.
Un cri d’alarme pour l’aide humanitaire
Les conséquences de ces incendies sont dramatiques. Des centaines de familles perdent tout en l’espace de quelques minutes, se retrouvant à la rue. En l’absence d’une aide humanitaire structurée, ces sinistrés passent leurs nuits à la belle étoile, sans abri ni soutien matériel. C’est un véritable cri d’alarme pour les autorités et les organisations humanitaires : la population de Bukavu a besoin d’une assistance immédiate pour faire face à ces sinistres et d’une stratégie durable pour prévenir ces drames récurrents.
- Ben Mugisho