À l’occasion de la Journée nationale de l’enseignement en République Démocratique du Congo (RDC), célébrée ce 30 avril 2025, un moment d’échange particulièrement significatif a eu lieu à l’Institut Supérieur de Développement Rural de Bukavu (ISDR-Bukavu). Le Professeur Léonard Mubalama, chef du département Environnement et Développement durable au sein de l’institution et consultant pour Tenure Facility (TF) dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu, a rencontré un groupe d’étudiantes autochtones.
Ces jeunes femmes sont bénéficiaires d’une bourse gérée par l’Union pour l’émancipation de la femme autochtone (UEFA-RDC) et financée par Tenure Facility Grant, un soutien essentiel qui leur ouvre les portes de l’enseignement supérieur. Cette rencontre symbolique, en ce jour dédié à l’éducation, a rappelé que la vitalité de l’enseignement repose fondamentalement sur la présence et l’engagement des étudiantes et étudiants.
L’échange a porté sur des aspects cruciaux de leur parcours : l’évolution de leurs études académiques, les motivations profondes qui les ont conduites à choisir l’option Environnement et Développement durable, et leur préparation à jouer un rôle actif et éclairé après leur formation. L’objectif est de les outiller afin qu’elles puissent s’investir pleinement dans les dynamiques locales liées à la foresterie communautaire (FC) et à la conservation de la biodiversité, domaines où les communautés autochtones possèdent un savoir ancestral indispensable.
Au cours de la discussion, le Professeur Mubalama a mis l’accent sur l’importance des cadres, tant nationaux qu’internationaux, qui encadrent la gestion durable des ressources naturelles. Il a particulièrement souligné la place indispensable des femmes autochtones dans ces processus, reconnaissant leur rôle unique en tant que détentrices de connaissances traditionnelles et gardiennes de la biodiversité.
Il a également saisi l’occasion de lier leur formation aux engagements pris par la RDC sur la scène internationale. Le Professeur a notamment cité la Loi n° 24/020, qui modifie la Loi relative à la conservation de la nature, et qui, en son article 26, stipule l’objectif ambitieux pour l’État de veiller à ce que les aires protégées couvrent au moins 30 % de la superficie totale du territoire national. Cette disposition s’inscrit clairement dans la dynamique globale du Cadre Mondial de la biodiversité dit « 30×30 », visant à protéger 30 % de la planète d’ici 2030.

Au cœur de son message, le Professeur Mubalama a martelé un principe fondamental : l’inclusion active et consciente des peuples autochtones est une condition incontournable de toute démarche de développement ou de conservation véritablement durable. Invoquant l’adage percutant : « Si vous faites quelque chose pour moi sans moi, vous le faites contre moi », il a clairement signifié qu’ignorer ou marginaliser les communautés autochtones dans ces processus conduit à l’échec.
En conclusion de cet échange stimulant, il a vivement encouragé ces jeunes femmes, futures expertes, à s’impliquer davantage dans les débats publics, les processus de décision et les actions concrètes en matière de gouvernance environnementale, au sein de leurs communautés et au-delà.
Cette rencontre à l’ISDR-Bukavu, en cette Journée nationale de l’enseignement, a constitué un moment fort, symbolisant à la fois la célébration de l’accès à l’éducation pour les groupes traditionnellement exclus, une réflexion profonde sur leur rôle crucial dans la protection de l’environnement, et un engagement partagé pour construire un avenir plus juste et durable, porté par une jeunesse autochtone armée du savoir et désireuse d’être actrice du changement.
- Egide K.
- Patient P.