Dans un élan de reconnaissance rare, l’Espace Culturel de Bagira a baptisé son amphithéâtre extérieur du nom de « ZÉZÉ ». Un hommage vibrant rendu de son vivant à celui qui, par sa vision et sa persévérance, a permis l’éclosion de ce haut lieu de la culture au Sud-Kivu.
Un retour aux sources chargé d’émotion
Il est des moments où le temps semble s’arrêter pour laisser place à la gratitude. Hier, en franchissant de nouveau les portes de mon ancien espace culturel, j’ai été saisi par une émotion profonde : découvrir que l’amphithéâtre érigé à l’extérieur porte désormais mon nom. Recevoir une telle marque de reconnaissance de son vivant est un privilège exceptionnel. Mais au-delà de l’honneur, c’est l’histoire d’une vision collective qu’il convient de raconter.
De la ruine à la renaissance : le pari de 2016
Tout commence en 2016. À l’époque, mon ami Marius Kafeka m’interpelle sur l’existence d’une salle désaffectée au sein de l’Institut de Bagira. Le constat est alors désolant : l’espace est en ruines, oublié de tous. Pourtant, sous la poussière et les murs décrépis, je perçois immédiatement un potentiel immense pour la jeunesse et les artistes de Bukavu.
Cinq ans plus tard, le destin s’accélère. Alors que des opérateurs culturels passionnés, à l’instar de Joyeux Bin Kabodjo et Yannick Matita, cherchent un lieu pour implanter un véritable pôle culturel avec le soutien de la Coopération Suisse, je leur indique ce diamant brut. Une visite, des démarches administratives intenses et l’accompagnement décisif de l’État congolais — via la ministre de tutelle de l’époque, Mme Geneviève Mizumbi — ont permis de transformer ce rêve en réalité.
ECKA : Un symbole de résilience
Aujourd’hui, l’ECKA n’est pas seulement un centre culturel ; il est le symbole de ce que la passion, l’engagement et la persévérance peuvent accomplir pour le rayonnement de notre ville. Voir mon nom associé à cet amphithéâtre est un honneur que je reçois avec une immense humilité.
Je tiens à remercier chaleureusement Joyeux Bin Kabodjo, directeur de l’ECKA, ainsi que toute son équipe pour ce geste qui me touche au plus haut point. Ma gratitude va également à la ville de Bukavu pour son soutien indéfectible.
Construire pour l’avenir
Si le chemin parcouru est admirable, les défis restent nombreux. Notre engagement envers la culture et envers Bukavu doit demeurer immuable. Nous avons le devoir de continuer à bâtir un héritage solide pour les générations futures, afin que l’art continue de panser les plaies et d’ouvrir les esprits.
La célébration de la culture se poursuit dès aujourd’hui ! Le Festival KWETU THÉÂTRE bat son plein avec une programmation exceptionnelle. Les spectacles vous attendent à l’ECKA (Bagira) à partir de 14h. Venez nombreux célébrer la vitalité de notre scène artistique !
- Angel Nsim