La terre, ce levier de paix entre les mains des femmes
Lors d’un atelier organisé à Bukavu par l’association Karibu Jeunesse Nouvelle, Jolly Kamuntu a présenté les résultats d’une étude alarmante sur les violations des droits fonciers des femmes. Pour la militante, sécuriser l’accès à la terre pour les femmes n’est plus une simple option, mais une condition indispensable à la stabilité de l’Est de la RDC.
C’est au Nard Hôtel, dans la commune d’Ibanda, que les résultats de l’étude sur les violations des droits de la femme à l’héritage et à la terre ont été dévoilés. Menée entre 2020 et 2025 à Bukavu ainsi que dans les territoires de Kabare, Kalehe, Idjwi et Walungu, cette recherche met en lumière les mécanismes de spoliation dont sont victimes les femmes et les jeunes filles en contexte de guerre.
L’activité, financée par la Fondation Américaine pour la Démocratie (NED), s’inscrit dans le projet « Femme, Terre, Paix et Sécurité ». Elle a permis d’identifier les auteurs de ces violations et d’analyser leurs conséquences dévastatrices sur la cohésion sociale et la consolidation de la paix.
Au Sud-Kivu, la question foncière est souvent explosive. Dans un climat d’instabilité, l’absence d’une justice rigoureuse permet trop souvent aux plus forts de s’imposer. « Aujourd’hui, certaines femmes se font arracher leurs terres sans aucun recours », déplore Jolly Kamuntu, Présidente de KJN.
Ces spoliations ne sont pas de simples faits divers : elles engendrent des frustrations profondes qui alimentent les tensions communautaires et débouchent parfois sur des conflits ouverts. Pour KJN, la terre est le socle de la dignité ; en assurer l’accès sécurisé aux femmes, c’est ériger un rempart contre l’arbitraire et renforcer l’économie locale.

L’ambition de Jolly Kamuntu est d’ancrer une nouvelle vision sociétale où la femme est une actrice à part entière de la gestion foncière. Selon elle, garantir ce droit permet de réduire les inégalités de genre, prévenir les conflits fonciers récurrents et renforcer la stabilité globale des communautés.
Appel à la mobilisation : Le rôle des autorités et des médias
Face à ces enjeux, la PCA de KJN lance un appel à une mobilisation collective ciblant deux leviers stratégiques. Selon elle, les autorités doivent passer des discours aux actes en appliquant strictement les lois protégeant les droits des citoyens sans discrimination.
Les médias ont un rôle pivot pour informer, sensibiliser et déconstruire les préjugés afin de favoriser un changement durable des comportements.
« Il ne s’agit pas seulement des droits des femmes. Il s’agit de justice, de dignité et de paix durable au Sud-Kivu », a conclu Jolie Kamuntu.
- E-K