Daniel, boulanger dans la Réserve de Faune à Okapis. Photo : RFO
« J’ai reçu une aide en espèces. J’ai ensuite investi dans une micro-entreprise de boulangerie, ce qui a beaucoup aidé ma famille à se procurer de délicieux pains fabriqués localement », a déclaré Daniel, père de quatre enfants. Daniel vit dans le village d’Epulu, dans la Réserve de Faune à Okapis (RFO), depuis 2001.
Située entre les provinces de l’Ituri et du Haut-Uélé, la Réserve de Faune à Okapis couvre plus de 13.700km2 de forêts intactes et abrite plus d’espèces de primates et d’ongulés que n’importe où ailleurs en Afrique. Ce site du patrimoine mondial depuis 1996 pour ses valeurs biologiques uniques fait face à de multiples menaces dont la surexploitation de ces ressources et la perte d’habitat pour les nombreuses espèces animales et végétales qu’elle abrite. Réduire les pressions sur cet écosystème fragile et d’importance au niveau mondial est donc essentiel pour en permettre la survie tout en favorisant le développement durable des communautés qui en dépendent maintenant, tout comme dans les générations futures.
Daniel n’a pas appris la boulangerie à l’école et n’a suivi aucune formation dans ce domaine. Lorsqu’il était jeune, il aidait son frère aîné qui était boulanger. En autodidacte, il a poursuivi cet apprentissage par lui-même et avait pour ambition de développer sa propre boulangerie. Cependant, Daniel n’avait pas de capital financier nécessaire afin de démarrer son activité.
En octobre 2022, le programme de gestion durable de la faune sauvage (SWM Programme), financé par l’Union Européenne, a appuyé 308 ménages, dont celui de Daniel, à créer et développer des micro-entreprises telles que des boutiques, des élevages de bétail et des activités agricoles.
La boulangerie de Daniel a apporté un sentiment de nouveauté à la communauté d’Epulu et chaque jour, il prépare environ 85 pains. Un pain coûte 1 000 francs congolais, soit 43 cents en dollars américains. « Ma boulangerie m’aide à subvenir aux besoins essentiels de ma famille, tels que la nourriture, les soins de santé et les frais de scolarité. Avec ce que j’ai gagné, j’ai construit une petite boutique dans le village où je peux maintenant vendre mon pain », a-t-il déclaré.
Mis en œuvre avec le soutien de Village Enterprise, ce projet a appliqué le « Poverty Graduation Model », qui vise à réduire la pauvreté et à renforcer la résilience des communautés locales. Pour ce faire, il forme les membres de la communauté à la création et la gestion de petits projets d’entreprenariat, en général par groupe de 3 personnes issus de ménage différents, et à les développer. En parallèle, des « groupes d’épargne d’entreprise » sont créés et permettent à plusieurs de ces micro-entreprises de se regrouper et de gérer leurs finances de manière plus résiliente.
Aujourd’hui, 10 groupes d’épargne fonctionnent dans les trois villages ciblés par le projet : Epulu, Eboyo et Bapukeli. Les groupes ont développé une culture de l’épargne, offert un moyen d’accéder aux prêts et créé une communauté de soutien et d’encouragement entre pairs.
« Je suis reconnaissant du soutien que j’ai reçu de la RFO dans le cadre du SWM Programme, qui m’a permis de créer ma boulangerie, une source fiable de revenus. Je pense que si de nombreux habitants du village sont économiquement autonomes, ils ne dépendront plus autant des ressources naturelles de la Réserve », conclut-il.
Les activités de développement de moyens de subsistance durables telles que celle-ci servent à développer des opportunités génératrices de revenus pour les membres de la communauté et à réduire la dépendance de l’exploitation non-durable des ressources naturelles. Compte tenu du succès de ces activités, la WCS envisage désormais d’étendre cette approche à d’autres villages et communautés de la RFO.
Le Programme de gestion durable de la faune sauvage (SWM Programme) est une initiative internationale, financée par l’Union européenne et cofinancée par le Fonds français pour l’environnement mondial (FFEM) et l’Agence française de développement (AFD). L’initiative est coordonnée par un consortium dynamique de quatre partenaires, notamment l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Centre de recherche forestière internationale et mondial d’agroforesterie (CIFOR-ICRAF), le Centre français de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) et la Wildlife Conservation Society (WCS).
En République Démocratique du Congo (RDC), les activités sont mises en œuvre par WCS.
Le programme a pour vocation de restaurer l’équilibre entre sécurité alimentaire et conservation de la faune sauvage, une condition indispensable à la création d’un monde sans faim et sans pauvreté.
Pour en savoir plus sur le Programme de gestion durable de la faune sauvage (SWM Programme) en RDC, rendez-vous sur le site officiel.
- RFO