La chenille légionnaire d’automne (Spodoptera frugiperda), un ravageur dévastateur, représente une menace croissante pour les systèmes agricoles du Sud-Kivu.
Germain Basengere, chercheur en changement climatique et adaptation des cultures au Centre de Recherche en Sciences Naturelles (CRSN/Lwiro) à Kabare, tire la sonnette d’alarme face à la destruction de la végétation et à l’impact sur les rendements céréaliers.
Une enquête récente, menée dans les zones de Bugorhe et Bushumba, révèle une réduction alarmante des rendements céréaliers, oscillant entre 16 et 19 % au cours de la dernière saison culturale. Cette situation, amplifiée par les changements climatiques, compromet sérieusement la sécurité alimentaire locale et la capacité des petits producteurs à s’adapter aux perturbations biotiques.
Pour mieux cerner l’ampleur du problème, Germain Basengere a mené une étude combinant des observations de terrain, des entretiens semi-structurés avec 150 agriculteurs, et une analyse comparative des données de rendement entre les saisons infestées et les saisons précédentes. Les cultures les plus touchées sont principalement le maïs et le sorgho, piliers de l’alimentation locale. Les chiffres sont éloquents : la perte moyenne de rendement est estimée à 16 % à Bugorhe, et atteint même 19 % à Bushumba.
Face à cette urgence, le chercheur appelle à une action concertée pour renforcer la résilience agricole au Sud-Kivu. Il insiste sur plusieurs axes stratégiques. c’est notamment le renforcement de la sensibilisation communautaire : Il est crucial d’informer les populations sur les ravageurs émergents et les effets des changements climatiques, afin de leur permettre d’identifier rapidement les menaces.
Par rapport à la diffusion de techniques de lutte intégrée, il faut une adoption de méthodes de gestion durable des ravageurs est essentielle. Cela inclut l’utilisation d’ennemis naturels, de biopesticides respectueux de l’environnement, et l’intégration de pratiques culturales adaptées qui réduisent la vulnérabilité des cultures.
En collaboration avec les radios communautaires et les services agricoles, des systèmes d’alerte rapides à l’échelle locale permettraient aux agriculteurs de réagir proactivement aux infestations.
Ces mesures sont indispensables pour protéger les cultures, garantir la sécurité alimentaire et construire une agriculture plus résiliente face aux défis environnementaux croissants au Sud-Kivu. La collaboration entre chercheurs, agriculteurs et autorités est la clé pour contrer cette menace et assurer un avenir durable pour la région.
- Don Ciku