Dans la nuit du 6 au 7 juillet 2025, le presbytère de la paroisse Saint-Matthieu de Mugogo a été la cible d’une attaque violente et lâche, perpétrée par un groupe de bandits armés.
Cet acte odieux a non seulement causé des dégâts matériels importants, mais a également laissé des cicatrices psychologiques profondes sur les victimes.
Vers 22h30, un groupe de huit individus, munis de sept armes à feu et d’armes blanches, a semé la terreur. Leur première cible a été les veilleurs, qu’ils ont violemment intimidés avant de s’en prendre aux maçons logeant sur place. Ces derniers ont été dépouillés de leurs biens, frappés à coups de crosse, et l’un d’eux a même été blessé au cou et à la poitrine par un couteau. Ligotés, ils ont été contraints de guider les assaillants vers l’entrée du couvent. Pour y pénétrer, les malfrats ont découpé et arraché les grillages des fenêtres.

Les bandits ont surpris les prêtres déjà présents à l’intérieur du presbytère. Durant une heure de calvaire, les trois prêtres présents, en l’absence du curé, ont été intimidés, frappés et dévalisés. Il est important de corriger la fausse information qui a circulé sur les réseaux sociaux : les prêtres étaient bien présents au presbytère, mais le curé et l’abbé Charles étaient tous deux absents, ce dernier étant à un deuil.
Les assaillants ont fouillé méticuleusement toutes les chambres. La chambre du curé a fait l’objet d’une attention particulière, les bandits y ayant passé près d’une heure à la recherche d’argent, comme en témoigne l’Abbé Jean-Pierre Katwanyi. La pluie battante cette nuit-là a malheureusement étouffé les cris de détresse, empêchant les voisins d’intervenir. Les malfaiteurs ne réclamaient que de l’argent. Si les autres portes ont été ouvertes aisément, celle du curé a été défoncée, laissant planer l’interrogation sur les motivations spécifiques des assaillants à l’égard de cette pièce.
Un présumé chef de cette bande, identifié comme Kituma Mujanjwa de Bava, a été appréhendé par la population ce 8 juillet. Tragiquement, il a été brûlé vif vers 22h passées au niveau du terrain de Mugogo. Avant sa mort, il a refusé de révéler l’identité de ses complices sauf un certain Chance, son complice bien-aimé.

Il est fortement suspecté que ce groupe soit responsable des attaques répétées contre les paroisses et couvents de l’archidiocèse de Bukavu, onze d’entre eux ayant déjà été victimes de telles agressions depuis le début de la crise humanitaire dans la région du Sud-Kivu.
Les fidèles de Mugogo, profondément choqués par cet acte et l’horrible dénouement pour le présumé coupable, ont exprimé leur indignation et exigent que la sécurité soit renforcée pour leur « Pasteur » et l’ensemble de la communauté. Plusieurs biens de valeur ont été emportés, ajoutant au préjudice matériel et émotionnel.
- La rédaction