Dans le groupement de Lubengera, au cœur de la chefferie de Buloho, l’accès à l’or bleu est devenu un combat quotidien. Privés d’infrastructures adéquates, plus de 1 500 ménages dépendent d’une source non aménagée. Enquête sur une crise hydrique qui menace la santé de toute une communauté.
Makimbiliyo : Une source de vie en péril
Au quartier Burogoya, le nom de la source « Makimbiliyo » est sur toutes les lèvres, mais pas pour célébrer sa générosité. Bien qu’elle soit le principal point d’eau pour des milliers d’habitants de cette partie de la zone de santé de Bunyakiri, son état de délabrement est alarmant. Faute d’aménagement, ce qui devrait être un sanctuaire de santé est devenu un foyer d’inquiétude.
Ici, puiser de l’eau ne se résume pas à tourner un robinet. C’est une épreuve de force. Les habitants se pressent autour d’un filet d’eau exposé aux intempéries, aux ruissellements de surface et aux déjections, rendant la ressource impropre à la consommation sans traitement préalable.
Un quotidien de privations et de risques
Le constat sur le terrain est sans appel. Les témoignages recueillis auprès des résidents décrivent une situation qui frôle l’insoutenable :
- Distances épuisantes : Les familles, souvent représentées par les femmes et les enfants, parcourent de longs kilomètres sur des sentiers escarpés.
- Menace sanitaire : La consommation d’eau non traitée expose directement la population aux maladies hydriques (choléra, dysenterie, amibiase), dans une zone déjà fragilisée.
- Conditions insalubres : L’absence de périmètre de protection autour de la source Makimbiliyo accentue la contamination de la nappe.
« Nous nous sentons abandonnés », confie une mère de famille. « Nous buvons une eau que nous savons dangereuse, mais quel autre choix avons-nous pour survivre ? »

Le Silence des Autorités
Malgré l’urgence et les cris de détresse répétés, le mutisme des autorités locales et des services de l’hydraulique rurale inquiète. À ce jour, aucun plan d’aménagement n’a été officiellement communiqué, laissant les 1 500 ménages de Burogoya dans l’incertitude la plus totale.
Le quartier ne réclame pas le luxe, mais le droit fondamental à l’eau potable, tel que reconnu par les textes nationaux et internationaux. L’aménagement de la source Makimbiliyo — par la construction d’un captage, d’un réservoir et de bornes-fontaines — est désormais une priorité absolue pour prévenir une catastrophe sanitaire majeure.
Un Appel à l’Action
En attendant une réaction du pouvoir public ou l’intervention d’organisations humanitaires, Burogoya continue de compter ses malades et ses heures perdues à la quête de l’eau. La question demeure : combien de temps encore cette population devra-t-elle puiser son désespoir dans une source négligée ?
- Pacifique Wetekayi