La ville de Bukavu a vécu une journée de jeudi noir, marquée par deux incendies majeurs qui ont semé la peur et le chaos. Le premier, survenu à l’aube, a mis en lumière la vulnérabilité de la ville face à de tels désastres, tandis que le second, en soirée, a laissé de nombreuses familles sans abri.
La série noire a débuté vers 7h du matin, lorsqu’un incendie s’est déclaré dans des entrepôts situés près du poste frontière de Ruzizi 1er, dans le quartier de Nyalukemba. Les flammes, menaçant de se propager aux édifices voisins, ont nécessité une intervention rapide et salutaire. Des camions anti-incendie venus du Rwanda voisin sont arrivés en renfort, jouant un rôle crucial pour maîtriser le sinistre et empêcher une catastrophe de plus grande ampleur.
Alors que la ville reprenait son souffle, un second drame a éclaté en soirée. Vers 21h30, c’est le quartier d’Igoki, dans la commune de Bagira, qui s’est embrasé. Plusieurs foyers ont été ravagés par les flammes, laissant des familles entières à la rue, contraintes de passer la nuit à la belle étoile. L’émotion et la solidarité se sont manifestées rapidement sur les réseaux sociaux, qui ont sonné l’alarme pour alerter la population.
La journée a également été marquée par des rumeurs et des faits alarmants rapportés dans d’autres parties de la ville. Sur la route d’Uvira, des habitants ont signalé des tentatives de pyromanie, des individus suspectés d’avoir tenté de mettre le feu à des maisons en y déversant de l’essence. Une autre version des faits a toutefois émergé, évoquant le cas d’un vendeur de carburant, surnommé Kadhafi, qui aurait chuté avec sa marchandise, provoquant accidentellement la propagation du liquide inflammable.
Ces événements récents, survenant dans un contexte d’insécurité déjà préoccupant, mettent les habitants de Bukavu sur le qui-vive. Les familles vivent désormais dans un état de vigilance permanent, redoutant à la fois les menaces criminelles et les risques d’incendie. Cette double peine, entre l’insécurité et les risques de sinistre, plonge la population dans une anxiété croissante. La journée du jeudi 28 août 2025 restera gravée dans les mémoires comme un sombre rappel de la fragilité de la vie quotidienne à Bukavu.
- Ben Mugisho