À Bunyakiri, le vent de la saison sèche ne transporte pas seulement de la poussière, il charrie avec lui une menace sanitaire silencieuse. Entre absence d’infrastructures et sécheresse prolongée, l’urgence d’une mobilisation citoyenne, à l’image du « Mois Vert », se fait cruellement sentir pour sauver les centres commerciaux de l’asphyxie.
Un décor alarmant pour l’économie locale
Les centres commerciaux de Bunyakiri, et particulièrement celui de Bulambika, traversent une zone de turbulences environnementales. Depuis plus d’un mois, le ciel reste de marbre : aucune goutte de pluie n’est venue laver les étals ou apaiser la poussière qui s’incruste partout.
Le constat est sans appel :
- Gestion des déchets : L’absence de poubelles publiques transforme les espaces de vente en dépotoirs à ciel ouvert.
- Carence en eau : Sans robinets ni points d’eau fonctionnels, l’hygiène de base devient un luxe inaccessible.
- Pollution olfactive : Les odeurs nauséabondes s’entremêlent à la chaleur, créant une atmosphère irrespirable pour les commerçants comme pour les clients.
Le cri d’alarme de Jean Nyangabo Katachi
Face à ce péril, le président du centre commercial de Bulambika ne reste pas de marbre. Dans un appel vibrant à la responsabilité, il exhorte les vendeurs, particulièrement ceux de denrées cuites, à ériger des remparts contre la maladie : « Couvrez vos aliments, protégez vos clients », martèle-t-il. Mais l’hygiène individuelle, bien que nécessaire, ne pourra pas pallier indéfiniment les défaillances structurelles.
Pourquoi Bunyakiri a besoin de son « Mois Vert »
L’expérience du « Mois Vert » menée dans d’autres régions a prouvé que la protection de l’environnement n’est pas qu’une affaire de spécialistes, mais une question de survie communautaire. Étendre cette campagne aux différents territoires du Sud-Kivu, et singulièrement à Bunyakiri, permettrait de :
- Réveiller la conscience écologique : Transformer chaque commerçant en acteur du changement.
- Institutionnaliser le « Salongo » moderne : Organiser des journées de grand nettoyage ciblé pour les marchés.
- Plaider pour les infrastructures : Utiliser la force du collectif pour obtenir des autorités l’installation de points d’eau et de systèmes de gestion des déchets pérennes.
Conclusion : Un espoir à bâtir
La situation à Bunyakiri est le miroir de nombreux autres centres ruraux du Sud-Kivu. La saison sèche ne doit plus être synonyme de maladie. En s’inspirant des dynamiques de plaidoyer et d’assainissement du « Mois Vert », le territoire peut transformer ce défi en une opportunité de développement durable.
Il est temps que l’action publique rejoigne l’effort citoyen. Car, au-delà du commerce, c’est la dignité et la santé de tout un peuple qui se jouent dans la propreté de ses marchés.
- A-W