Sept ans se sont écoulés depuis le départ de Solange Lusiku Nsimire, mais le silence n’a jamais réussi à éteindre l’écho de sa plume.
Journaliste intrépide, fondatrice du journal Le Souverain Libre à Bukavu, elle reste une figure tutélaire de la presse congolaise et une « Femme de Fer » dont l’œuvre continue de défier le temps et l’oubli.
Solange Lusiku était bien plus qu’une journaliste : elle était une combattante acharnée des droits des femmes, une pionnière de l’équilibre genre dans un milieu encore largement masculin, et une inlassable artisane de paix dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC).
Comme le dit l’adage, les paroles s’envolent, mais les écrits restent. C’est dans ses articles, ses éditoriaux et ses analyses que réside l’héritage le plus puissant de Solange Lusiku. Sa capacité à décrypter les dynamiques complexes et souvent violentes de la région lui confère aujourd’hui une dimension prophétique.
Solange a des archives très riches
Ce qui frappe le plus, sept ans après sa disparition, c’est la clairvoyance tragique de ses écrits. En parcourant ses archives, on constate avec effroi que de nombreux événements qui secouent actuellement la RDC en général, et l’Est du pays en particulier — des crises sécuritaires à la prédation des ressources en passant par l’impunité – avaient été prédits ou prophétisés par Solange Lusiku.
Elle n’avait de cesse d’alerter sur les dangers imminents, d’identifier les racines profondes des conflits et de dénoncer les silences complices. Sa lucidité était son bouclier face à l’adversité et son don à la nation. Aujourd’hui, son œuvre sert de grille de lecture pour comprendre les soubresauts du pays, faisant d’elle une Cassandra respectée dont les avertissements, hélas, n’ont pas toujours été écoutés à temps.
Certains journalistes ont hérités une indépendance d’esprit ?
Célébrer l’anniversaire de son décès, ce n’est pas seulement se souvenir d’une grande femme ; c’est réaffirmer la valeur de l’indépendance de la presse et de l’engagement citoyen. Solange Lusiku nous a montré que le journalisme, lorsqu’il est pratiqué avec courage et intégrité, devient un outil essentiel pour la justice écologique, sociale et politique.
Son esprit de résilience, matérialisé dans chaque ligne qu’elle a écrite, continue d’inspirer une nouvelle génération de journalistes et de militants. Son œuvre demeure un appel vibrant à la responsabilité collective pour construire la paix et la justice qu’elle n’a jamais cessé de réclamer pour son Congo bien-aimé. Sa voix, bien que silencieuse, résonne plus fort que jamais.
- Eco Kilo