L'Examen d'État 2025 démarre, 950 000 jeunes face à leur destin
C’est un moment charnière pour la jeunesse congolaise. Ce lundi 2 juin 2025, la République Démocratique du Congo a officiellement lancé la session ordinaire de l’Examen d’État 2024-2025.
Près d’un million de candidats, précisément plus de 950 000 finalistes, s’apprêtent à franchir cette étape décisive qui clôture leur cycle secondaire et ouvre les portes de l’enseignement supérieur ou du monde professionnel. Sur l’ensemble des 26 provinces éducationnelles, la journée a été marquée par une atmosphère mêlant calme, discipline et une tension palpable chez les jeunes.
L’effervescence du premier jour : Le français en ouverture
Au cœur du territoire de Kabare, au Sud-Kivu, le centre d’examen de Kavumu a été le théâtre d’une effervescence particulière. Dès l’aube, les élèves ont afflué, l’anticipation se lisant sur leurs visages. À 8h pile, l’ouverture des enveloppes scellées, révélant la première épreuve – celle de français – a figé l’assistance dans un silence studieux. Les stylos ont alors commencé à crépiter sur les copies, chacun concentré sur l’enjeu de l’instant.
Une organisation millimétrée malgré les défis
Les autorités éducationnelles provinciales n’ont ménagé aucun effort pour assurer un déroulement sans accroc de ces épreuves. Monsieur Justin Mugisho, directeur provincial de l’EPST/Sud-Kivu 1, a souligné la rigueur de l’organisation : « Nous avons travaillé en étroite collaboration avec la police, les partenaires éducatifs et les autorités locales pour sécuriser les centres et éviter les cas de fraude. » Une garantie essentielle pour les parents et les élèves.
Cependant, des défis logistiques ont surgi dans certaines zones rurales isolées, notamment à Shabunda, Walungu ou Kalehe, où l’acheminement des malles d’épreuves a connu des retards dus à l’état des routes. Néanmoins, le Secrétariat Général à l’Enseignement Primaire, Secondaire et Technique (EPST) a rapidement dissipé les inquiétudes, confirmant que toutes les épreuves sont désormais parvenues aux finalistes, assurant ainsi l’équité pour tous les candidats.
Entre espoir et détermination : l’avenir de la RDC en jeu
L’Examen d’État est bien plus qu’une simple évaluation ; il représente un tremplin vital pour des milliers de jeunes Congolais. Malgré les défis persistants, notamment les tensions sécuritaires dans l’Est du pays et les difficultés socio-économiques, les élèves ont démontré une détermination admirable.
« J’ai étudié dur toute l’année. Je suis prête à affronter toutes les épreuves. Mon rêve, c’est de devenir médecin », confie Carine, élève à l’Institut Kavumu, le regard empli d’une ambition palpable.
Après l’épreuve de français de ce lundi, les candidats se pencheront sur les autres disciplines selon leurs options. La session se déroulera jusqu’au jeudi 5 juin, marquant une étape déterminante pour cette génération qui porte en elle les espoirs de développement de la RDC.
Quels seront les défis majeurs pour ces jeunes diplômés dans leur transition vers l’enseignement supérieur ou le marché du travail, et comment la société congolaise peut-elle les accompagner au mieux ?
- Bénit Kayumbu