Initialement conçues pour protéger les populations des piqures de moustiques et ainsi lutter contre le paludisme, les moustiquaires imprégnées connaissent un usage détourné dans certaines avenues de la ville de Bukavu et ses environs. Constat d’un reporter de WDM ce jeudi 19 décembre 2024.
En effet, notre équipe a constaté que des agriculteurs utilisent désormais ces moustiquaires pour protéger leurs champs de maïs contre les animaux errants. Cette pratique, bien que surprenante, s’explique par le manque d’alternatives et le besoin de protéger leurs récoltes.
« C’est un détournement qui met en péril la santé publique », regrette une infirmière. Si cette initiative peut sembler ingénieuse, elle soulève de graves préoccupations en matière de santé publique. « En détournant les moustiquaires de leur usage premier, les populations s’exposent davantage aux piqûres de moustiques et donc au risque de contracter le paludisme ».
« C’est de l’ignorance », déplore un infirmier interrogé sur le sujet. Il souligne que de nombreuses familles, malgré les campagnes de sensibilisation et les distributions gratuites, ne comprennent pas l’importance de dormir sous une moustiquaire imprégnée.
Un gaspillage de ressources publiques
Ce détournement est d’autant plus problématique que la lutte contre le paludisme représente un enjeu majeur de santé publique et mobilise des ressources considérables. Des millions de dollars sont investis chaque année dans l’achat et la distribution de moustiquaires imprégnées. Or, il apparaît que certaines familles, loin de les utiliser, les détruisent.
Face à ce constat alarmant, certains appellent à des sanctions plus sévères à l’encontre des personnes qui détournent ou détruisent les moustiquaires. « L’État devrait punir ces récalcitrants car cela constitue une destruction et une utilisation abusive des ressources », estime un citoyen.
Pour lutter contre ce phénomène, il est nécessaire de renforcer les campagnes de sensibilisation en expliquant aux populations les enjeux de la lutte contre le paludisme et l’importance d’utiliser correctement les moustiquaires.
« Les moustiquaires doivent être distribuées de manière plus équitable et accompagnées d’un suivi régulier ». Il est nécessaire de proposer des solutions alternatives aux agriculteurs pour protéger leurs cultures, tout en préservant la santé des populations.
Ce détournement des moustiquaires illustre les défis auxquels sont confrontées les campagnes de santé publique. Il souligne également la nécessité d’adopter une approche globale et multisectorielle pour lutter contre le paludisme.
- Angel Nsim