« Protéger ceux qui informent, c'est préserver notre avenir commun. »
En marge de la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, ce dimanche 3 mai 2026, l’organisation MKAAJI MPYA asbl a franchi une étape décisive pour le paysage médiatique congolais. À l’issue d’un processus de sélection rigoureux, 50 journalistes environnementaux rejoignent officiellement le MKAAJI Biodiversity Journalists Network (MBJN).
Le journalisme environnemental est aujourd’hui au cœur des enjeux de survie en République Démocratique du Congo. Pour répondre à ce défi, l’appel à candidatures lancé par MKAAJI MPYA asbl a suscité un engouement sans précédent. Finalement, ce sont 50 professionnels, reconnus pour leur engagement, qui ont été retenus pour intégrer ce réseau d’élite.
La répartition géographique et sociale de cette promotion 2026 reflète une volonté d’équilibre et d’inclusion. Il s’agit de 30 journalistes basés à Bukavu, épicentre des enjeux de biodiversité à l’Est ainsi que 20 journalistes à Kinshasa, pour une résonance nationale et institutionnelle.
Une forte représentation féminine, illustrant l’engagement indéfectible de l’organisation pour l’égalité de genre dans les médias.

Sécuriser la plume pour protéger la nature
L’intégration de ces journalistes s’inscrit dans le cadre ambitieux du projet : « Renforcement de la Sécurité des Journalistes Environnementaux : Accès à l’Assistance Juridique et Soutien par les Pairs en RDC ».
Soutenu techniquement et financièrement par l’UNESCO, ce programme vise à transformer les conditions de travail de ces « sentinelles de la nature ». Trop souvent exposés à des risques sur le terrain, les membres du MBJN bénéficieront désormais d’un accès renforcé à l’assistance juridique en cas de menaces liées à leurs investigations, d’une formation continue pour approfondir leurs capacités d’analyse environnementale ainsi que d’un réseau de soutien par les pairs, créant une véritable armure collective contre l’intimidation.
Vers un journalisme de solution
« L’ambition de MKAAJI MPYA ne s’arrête pas à la protection. Il s’agit avant tout de promouvoir un journalisme de solution », explique Egide Kitumaini, membre de la Synergie des Journalistes pour le Développement Durable, SYJDD asbl. En sécurisant les professionnels, le MBJN permet l’émergence de récits engagés, capables d’influencer les politiques publiques et de sensibiliser les citoyens aux urgences climatiques et à la préservation de notre biodiversité exceptionnelle.

À travers cette initiative, le journalisme environnemental en RDC ne se contente plus de rapporter les faits : il devient un acteur de changement, protégé et solidaire.
- Ruffin Balolebwami